We are the 90’s. Not.
| Rubrique Me, myself & aïe !
En cette sainte journée du Mardi 16 février 2010
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Trois faits pour poser le décor :
A – Vous savez quel est mon level en danse ? Le même qu’un sourd sous tranxène coulé dans un bloc de béton (ce qui fait de moi le candidat alpha de Dancing with the Stars).
B – Après des années de torture métro/bus, les usagers des transports en commun ont eu raison de mon seuil de tolérance à la foule, lequel n’était déjà pas bien haut à la base. Pour vous faire une petite idée, s’il n’y a que le chauffeur et moi dans un bus, ça fait déjà une personne en trop.
C – Les trips nostalgicos-régressifs, j’ai toujours trouvé ça aussi consternant que de mirer Chantal Goya chanter Bécassine en robe rose avec des intermittents du spectacle en costumes alors qu’elle vogue allègrement vers les 70 balais.
L’un dans l’autre, la soirée We are the 90’s n’était peut-être pas vraiment faite pour moi. En tous cas, de base ce n’était pas mon élément naturel.
Est-il vraiment nécessaire de présenter la We are ? Pas si vous avez Twitter en tous cas parce qu’une semaine durant, tout le monde en a causé, les plus atteints allant même jusqu’à balancer des Twittpics de leurs places comme s’ils étaient des happy few ou des VIP. Alors que non. D’abord parce qu’on était 4500 et ensuite parce que même si ça affichait complet, les entrées étaient en vente à la Fnac pour 22 euros. Donc, c’est pas comme s’il s’agissait de l’enterrement de Michael Jackson ou qu’il fallait appartenir à un groupe sanguin super rare genre B2O.
En vrai, il suffisait tout connement de passer la seconde et de se bouger le fion un peu plus vite.
Pour ma part, je n’ai pas eu à faire cette effort puisque j’avais une place à l’œil sous le coude (cherche pas, d’un point de vue purement anatomique, ça n’a strictement aucun sens).
Rassurez-vous, ce n’est pas pour cette raison bassement matérielle que j’y ai été, mais tout simplement parce que des gens dignes de confiance m’avaient garantis que la précédente We are était tip-top over the top.
Si elle était si réussie, c’est certainement parce qu’en squattant l’Elysée Montmartre, les organisateurs avaient su rester modestes. A l’inverse, en investissant la Grande Halle de la Villette, ils ont eu les yeux plus gros que le ventre. Samedi soir, la We are était autant à sa place dans l’ancien abattoir que Josef Ratzinger dans une battle de smurf sur le carreau des Halles.
Suffisait d’avoir un manteau pour s’en rendre compte. Figurez-vous qu’on a fait la queue une putain d’heure vingt avant de pouvoir lâcher nos frusques et deux euros à des gens totalement dépassés par les événements. Dépassés mais pas stressés ou speed pour autant.
Se cogner ne serait-ce qu’une demi-heure de queue à La Poste pour récupérer un chouette colis c’est déjà très agaçant, alors imagine toi attendre presque 1h30 avant d’être libre de te trémousser sur de l’Euro Dance en bois, du Rock Fm bon marché et toutes les pires daubasses du Hit Machine. Et croyez-moi, y’en a eu.
Dans toutes soirée revival qui se respecte, on retient toujours d’hier ce qui a le mieux marché plutôt que de remettre les choses à leur place et la qualité à l’honneur.
La We are ne déroge pas à la règle. Sous prétexte de kikoololerie, tout le monde fait comme si Dieu m’a donné la foi et la Tribu de Dana c’était bien et cool, mais en fait non. La musique c’est pas comme le bon vin, quand c’était à déféquer en 96, ça reste à déféquer en 2010.
Vous trancherez peut-être que je me prends trop au sérieux ou que j’ai qu’à faire mieux, et c’est de bonne guerre parce qu’on dit toujours ça des gens lucides et visionnaires, mais la playlist de la We are, c’est un peu comme si sous prétexte d’être décalé et à l’aise Blaise, on tapissait son bureau de posters de Fred Lefèbvre ou qu’on votait Besancenot.
Le second degré aura-t-il la couenne de la culture ? Qu’est-ce que j’en sais moi, tu t’es cru en consultation chez Madame Soleil ? Ce que je sais en revanche, c’est que c’est avec ce genre de foutaises que Le petit bonhomme en mousse et Fous ta cagoule ont patrouillé aux avants-postes des charts pendant des semaines.
Avant la fièvre tiédasse de samedi soir, ça faisait un bail que je n’avais pas été en boîte. J’avais donc zappé que les « « DJ » » ont pris la sale habitude d’accélérer les morceaux sous prétexte d’en passer plus ou de les rendre plus catchy. Vive le respect des artistes quoi. De plus, avec ces fadaises, Damon Albarn a la même voix que Ménélik qui lui-même chante comme 2Pac.
En même temps, je ne peux pas être trop dur parce que ce n’est pas comme si les ambianceurs de samedi étaient de vrais DJs hein. C’était tout juste des gus assez sympas pour braver les dangers du XIXe, leur MacBook sous le bras pour balancer quelques MP3 dont ils avaient testé l’efficacité lors des précédentes soirées.
Pour la touche d’originalité, il fallait compter sur deux ambassadeurs de la musique des 90’s, Haddaway et Dr Alban, également connus comme la syphilis et le scorbut de la dance, genre musical lui-même reconnu comme étant la lèpre de la musique des années 90.
Si à la limite ils avaient fait venir Gala ou Scatman, j’aurais certainement fermé ma gueule, le problème c’est que maintenant, Gala veut se la jouer chanteuse pour de vrai tandis que John Scatman a cassé sa pipe en 1999 à force de trop la fumer. Too bad.
Pendant le set d’Haddaway, un gus a failli nous faire une Jimi Hendrix. Lien de cause à effet ? C’est pas impossible, parce que Haddaway, c’est ça.
Epargnez-vous Wikipédia et Spotify, c’est leur seul titre connu même si pour justifier leur cachet, on leur a permis d’en fredonner deux autres.
Je vous vois venir, gros comme des hippopotames dans une mare asséchée : « Pourquoi t’es resté ? Fallait prendre la poudre d’escampette si t’étais pas content connard ! ».
Du calme, du calme, c’est ce qu’on a fait. Par la Grâce de Dieu et de Jay-Z, la queue pour le vestiaire avait autant rétrécit que celle de Bear Grylls quand il traverse une rivière sibérienne à la nage. Seulement là, tout le monde était agglutiné au comptoir, jouant des coudes à qui mieux mieux pour récupérer son barda. Dans ce genre de situation, il n’y a qu’une chose à faire : poser un cul sur la galanterie et laisser faire Madame. Dans ces moments là, les gaziers sont trop timorés alors que les filles, bah elles se foutent des jetons. La pitié est pour les faibles.
Comme on est de sacrés chançards, on a récupéré nos affaires juste à temps pour ne pas voir plus que l’arrivée de Dr Alban, présenté comme le Graal, le haut du gratin, le caviar, la peau du poulet de la musique dance des années 90. En fait, il y a deux choses essentielles à savoir sur lui. D’abord, qu’il a gardé son nom de baptême pour la scène alors qu’Alban est aux prénoms ce que la Lada était aux voitures, et ensuite qu’il portait un long imper’ en cuir noir comme on en trouve plus que dans les vide-greniers organisés par l’amicale du 3e Reich ou l’Association Bavaroise des SS Repentis et dans les conventions Mad Movies de fans de Hellraiser.
Je pourrais encore dire bien des choses sur la soirée We are the 90’s #16. Je pourrais jacter encore et encore du prix excessif de la bibine, du carré VIPitoyable, du fait que c’est surtout une soirée pour les blancos, des gens qui font les fous-fous mais n’osent pas se déguiser ou encore de ceux qui perdent une roue à chaque chanson un peu connue genre « hiiiiiiiii c’est MA chanson à moi ! ». Je pourrais. Mais je n’en ferais rien. D’abord parce que je vais attendre la prochaine édition pour me faire une opinion plus définitive, ensuite parce que California Love, Song 2 et Snoop Doggy Dogg quand même, enfin parce que les lascars qui ont lancé le bouzin méritent malgré tout quelques applaudissements pour avoir porté le truc jusque là. Mais c’est pas une raison pour ne pas faire mieux.
Tags : dance, dr alban, haddaway, musique, soirée années 90, we are, we are the 90's


Moi il me va très bien ce post, se faire taper dessus quand s’est fait avec talent et avec des morceaux de vrai à l’intérieur ça me va.
Pour la peine je vais te follower sur twitter et je te fais la suite par mail pour pas polluer les coms.
Sylvain
Ha ben, pas trouvé ton mail. contacte moi si tu veux connaitre les dessous de la we are à la grande halle.
ONGLET CONTACT JOJO !
sinon je voulais juste dire que tu étais ma bitch préférée et que ce post m’avait tenu en haleine from the beginning till the broken wings, MAIS ça ne veut pas dire qu’il faut que tu te reposes sur ton matelas face hiver avec les flocons. Au boulot maçon. UN AUTRE sur le snack d’en bas !! La vérité j’en ai besoin !
Ahlala… maintenant je me sens un peu obligée de défendre les soirées We are, même si j’étais pas à la dernière pour crise de lose aiguë!
J’y vais pas tant pour le côté revival ou la qualité (lol) de la musique (à part les 30 minutes de rock), mais pour sortir danser dans un endroit plus sympa qu’une boîte et me défouler un bon coup.
Je sais pas quelles étaient tes attente, mais perso je considère ça comme ma dose de sport (quasi-)mensuelle et la petite sortie entre copines sans prise de tête.
Cela dit, impossible de te contredire sur le prix des boissons, la foule et la queue au vestiaire. C’est l’horreur, mais en même temps c’est pas une surprise, non?
Aujourd’hui à « We are the 90’s ». Demain à « Age tendre et tête de bois » (http://www.agetendreettetesdebois.com/)
Parce qu’au final, c’est le même combat. Il y en a juste une où tu attends 1h30 pour laisser ton manteau et l’autre où tu attends 1h30 pour laisser ton déambulateur.
Et sinon, Haddaway, il a aussi fait ça http://www.youtube.com/watch?v=Plf-pxBXZH4 A l’époque, je ne sais pas combien de fois j’ai écouté cette chanson mais ce n’était pas humain
@Sylvain: merci pour ton commentaire et la chouette mentalité qu’il y a derrière.
Pour me contacter, ça se passe dans la rubrique « Hov’ ailleurs », tu cliques sur Jaymail et voilà !
Mais t’embêtes pas, je te contacte ce soir en rentrant chez moi.
@So: je crois bien que je devrais faire un onglet contact plus visible ! Merci aussi pour ton commentaire et en ce qui concerne ton truc sur le snack d’en bas, commence par appeler ça un restaurant ! Question de respect bordel ! lol
@Maud: je m’attendais à un truc plus poussé mais moins cliché où tout le monde serait déguisé (je le dis pas dans l’article, mais j’étais sapé en Johnny Clegg c’est dire si j’étais venu pour m’éclater ! lol) et où on pourrait se remémorer pleins de bons souvenirs sur de la bonne musique.
Après, je suis parfaitement conscient que quand tu te cognes presque 1h30 de queue pour le vestiaire, ça noircit inévitablement le tableau, alors qu’il aurait pu être très sympa.
Franchement, il y a un super potentiel. J’y crois en tous cas.
C’est pour cette raison que j’ai bien envie de retourner à la prochaine We are. L’Elysée Montmartre étant une salle aux dimensions plus humaines, ça sera certainement mieux. Peut-être bien qu’on s’y croisera d’ailleurs!
Ps: pour info, les gens qui m’ont accompagné étaient aussi très déçus et ils avaient surkiffé la précédente en me vendant le truc royalement.
Limite ça me rend triste de pas y avoir été rien que pour apprécier encore plus le compte rendu. (J’aurais pas aimé)(Les années 90 c’est Nirvana et c’est tout)
@ Raph – Viens à la prochaine! Les années 90 c’était aussi Death Row et Bad Boy Records quand même !