rss
twitter
  •  

Very special sunday

| Rubrique Sport

6

Note à Béné et aux autres : j’étais censé publier cette note hier mais comme mon identifiant Free de merde a encore fait sa pute, vous allez faire comme si aujourd’hui on était lundi et puis c’est tout.
J’en profite pour remercier chaleureusement @BloodyO sans qui je ne serais pas là ce soir. Des bisous à elle donc et à vous parce que je vous emmerde depuis quatre lignes pour une intro à la con. Bonne lecture.

Tout à coup, c’est comme si tout le monde s’y étais mis. Tout le monde en parle en tous cas. Sur Facebook hier après-midi, sur Twitter le soir, au travail ce matin.
Les esprits casse-couilles y verront un nouveau symbole de l’américanisation galopante de la société frenchie, les hypeux à la mâchouille moi la nouille dénigreront, préférant chercher jouissance dans le roller-derby, et nous autres, péquin de base mais pas trop, on se réjouit.

Hier soir, c’était le Superbowl. Même si j’ai une application football sur mon iPhone, ce serait mentir que de dire que je suis la NFL avec l’assiduité d’un fan de Lara Fabian. Pour tout vous dire, je commence à tendre l’oreille à l’orée des playoffs puis mon intérêt va crescendo jusqu’à ce dimanche presque férié chez nos amis Américains. Ce dimanche où on se couche à 4 h du mat’ dans le meilleur des cas alors qu’on turbine le lendemain matin.

A l’inverse de 95% des médias béret-baguette, je m’en branle pas mal de tout ce qu’il y a autour.
Les chiffres vertigineux, la quantité gargantuesque de tacos digérés et de pizzas livrées, l’influence positive d’une victoire d’une équipe de l’AFC sur Wall Street, les pubs à 30 briques, les millions de litres de bières siphonnés aux quatre coins du pays, le show de la mi-temps… Tout ce décorum médiatique me laisse aussi indifférent que la rediffusion du final de Dynasty sur une chaîne de la TNT.

Cette année, c’est The Who que CBS a sorti du formol pour ambiancer la mi-temps. Depuis le Nipplegate, la NFL et les chaînes de télé ont décidé d’assurer le coup en invitant uniquement des vioques. Pour l’année prochaine André Rieu serait sur le coup.
En 2009 c’était donc The Who pour un show très axé CSI avec un sosie de Darren Tulett à la place de Keith Moon (lequel avait une bonne excuse pour ne pas être là puisqu’il a cassé sa pipe en 1978).
J’ai beau surkiffé Baba O’Riley (qui, ô comme c’est bizarre, est la bande-son de la seule déclinaison de CSI que je kiffe à savoir Manhattan), la performance du combo de Pete Townshend/Roger Daltrey était aussi agréable que de se cogner 300 bornes en Ford Fiesta avec un chat en chaleur, tant le décalage entre le son et l’image était énorme.

Vous savez ce que j’aime vraiment dans le Superbowl en fait ? Le football américain.

En insérant un extrait de la course de chars de Ben-Hur au second plan d’une scène de l’Enfer du Dimanche, Oliver Stone revendiquait clairement une filiation entre sa bobine et les péplums de l’âge d’or d’Hollywood. J’aime assez l’idée.
Tout dans l’attirail des footballeurs (casque muni de grilles, épaulière, protège-dents, cuisses, hanches, coccyx et genoux) évoque les gladiateurs. Dans le jeu aussi.
Les casques qui s’entrechoquent, les coups des défenseurs qui s’abattent comme une nuée de flèches barbares sur le porteur de la gonfle, les schémas tactiques…

Le volet stratégique est de loin ce qu’il y a de plus intéressant dans le football. Plus que cette violence réelle mais finalement assez maîtrisée que les détracteurs du sport national américain ont une fâcheuse tendance à monter en épingle.
D’ailleurs, s’il n’était question que de plaquages et de rentre-dedans dans le foot US, ça aurait sans doute beaucoup mieux marché chez nous. Mais le fait est que si l’Europe demeure relativement hermétique au sport qui a fait de Joe Montana, Jim Brown et Jerry Rice des légendes, c’est parce qu’il s’agit d’un jeu de gagne-terrain.

Ce qu’il faut mirer dans une action de foot US, ce sont les déplacements, les trajectoires de course, les positionnements et la mise en place des joueurs ainsi que le quaterback. Le ballon n’est qu’un figurant. De luxe, certes, mais un figurant quand même.
Un match de foot, c’est comme un putain de Carambar. Ça s’étire en longueur, encore et encore. Pourtant, tout se joue en une poignée de secondes entre le moment où le QB lève la tête pour faire sa passe et celui où le cuir atterrit dans les pognes d’un autre joueur.

Le football américain est un sport de démesure et pourtant, l’essentiel réside dans les détails. Dans des centimètres et des secondes. Voilà pourquoi il y a plus de ralentis lors d’un match de foot US que dans toute la filmo de Michael Bay. Ce n’est pas sans raison que le procédé a été inventé dans le cadre du jeu d’ailleurs.

Regardez un match de foot américain. Ça vaut pour vous aussi les filles. Mettez de côté vos idées reçues et les clichés. Vous verrez alors le seul sport où pour gagner, on créé du chaos à partir de l’ordre.

Voilà pourquoi Mathieu et moi on s’est payé le Superbowl pour la cinquième année consécutive. Pour l’émotion live d’un putain de sport, pas pour faire les kékés sur Twitter genre « j’ai dormi 3h ».
Et de l’émotion y’en a eu cette année. Ça a mis du temps à commencer. Comme souvent. Pour leur première apparition dans la grande messe de leur discipline, les Saints de la Nouvelle-Orléans étaient tétanisés par l’enjeu et c’est peu de le dire. La défense en béton armé des Colts avait beau les piétiner comme de vulgaires serpillères, les gars de Drew Brees avaient autant la rage qu’une fraise Tagada dégueulée par un Bisounours.
A vrai dire, c’était un peu décevant. Tellement que j’en étais réduit à saluer le talent (incontestable hein) de Peyton Manning et son charisme de tampon usagé (Tom Brady rulez, tout le monde le sait). Mais au retour des vestiaires, les Saints ont décidé de revenir dans le jeu avec autant de tapage que les zombies dans le clip de Thriller grâce à un onside kick déjà mythique.

La prestation en bois de The Who nous avait presque endormi, le jeu enthousiaste et débridé des Saints nous a réveillé. La deuxième mi-temps a filé comme un défilé de zizous sur ChatRoulette ou un Chev Chelios en quête du dernier organe que des Chinois lui ont fauché. Presque trop. A 3h45 je regardais la remise du trophée sur mon iPhone sur le chemin de la casbah. A 4 heures j’étais couché. Ça valait le coup. Essayez, vous verrez.

Tags : , , , , , ,

Sur le même registre :

Commentaires (6)

C’est bien. Par contre, le foot US en live, ça peut traîner en longueur. Encore plus de temps-morts que dans un putain de match NBA.
Et n’importe qui s’est coltiné les NBA Finals SAIT qu’à la mi-temps, il faut avoir le combo café/coca sous la main pour pas s’endormir.

C’est l’âge ça! Du temps où j’étais étudiant je me faisais deux matchs par nuit jusqu’à 7 heures du matin sans problème ! Putain de vie active quoi ! lol

En parlant de foot US, je me rappelle d’un match qui avait duré jusqu’à 6 heures y’a deux, trois ans. J’étais parti bosser dans la foulée quasiment !

Euh…. anniversaire ou pas -> va mourir siteuplé.
Les mi-temps de la finale Seattle / Chicago, c’était en 1996, j’étais encore frais comme un gardon et je m’endormais comme une merde à chaque mi-temps. Faut dire que c’était très casse-burnes, comme finales.

Si c’était chiant c’est un autre problème.
Ce que je te dis c’est que je tenais bien mieux le coup pour des nuits blanches basket/foot US il y a quelques années que maintenant.
Mais bon, ce qu’il faut retenir c’est que le match était énorme et que je me suis pas endormi !

Il y a quelques années, j’ai été voir les Giants contre les Jets au Meadowlands Stadium. Et hormis cette impression d’immensité incroyable en entrant dans le stade et l’animation des gradins, je me suis fais chier comme rarement dans ma vie.

Les Américains avec moi ont eu beau essayer pendant les 3-4 heures qu’ont duré ce calvaire de m’expliquer les règles et ce qui se passait sur le terrain, je n’ai rien compris, vraiment rien. Et le fait que ça s’arrête toutes les deux secondes n’a rien arrangé.

Après quand je suis parti au Canada, j’ai essayé de m’y remettre pour participer à l’engouement général mais rien n’y fait, je déteste le foot US.

Mais j’aime bien les films qui parlent de foot US ! ;-)

Pareil, je ne me revendique pas comme un expert en NFL car cela ne fait qu’une dizaine d’année que je regarde le Superbowl. Au départ je n’étais qu’un US footix qui supportait les Rams car c’était l’équipe hype du moment (et que j’écoutais Nelly). Même si je suis plus ou moins les saisons en regardant les résultats à chaque journée, des rencontres quelque fois et que j’ai affiné mes goûts (quoique les Jets…), c’est plus l’historique du sport qui m’intéresse.
A l’image du baseball, je trouve que tous les « mythes » ou différentes anecdotes apportent une approche différente qui surpassent le sport en lui-même (bien que cela est contradictoire puisqu’il faut que cela se joue pour que ça rentre dans l’histoire… enfin bref…). C’est pour cela que j’ai aimé l’un des derniers Superbowl où les Giants avaient battu des Patriots invaincus tout au long de la saison et qui du coup sont devenus « l’équipe qui a presque réussit la saison parfaite » (toujours dans la contradiction, puisque j’aurais aimé assisté à cette performance).

Mais sinon, je confirme que les gens qui ont regardé « la finale du Superbowl » (sic) en ne comprennant rien, en supportant une équipe en fonction de son nom qui sonne cool avec pour ultimate combo « trobi1Gdormike3h » m’ont légèrement gavé… Surtout quand ils enchaînent par « non mais c’est trop bien pour New Orleans après ce qu’il s’est passé avec Katrina ». C’est vrai que sans l’ouragan, ils ne méritaient pas de gagner..
Je pense que je deviens un aigri…

Autrement, ça me fait plaisir de relire des articles ici.

Crache ta valda !