Si je vous disais le nombre d’Italiens que j’ai croisé à Londres, vous ne me croiriez pas. Ou alors vous penseriez que j’étais en week-end à Turin. En même temps, on a tellement mangé italien en trois jours que ça aurait pu être plausible, mais non. D’un autre côté, si vous pensez lire un réquisitoire en bonne et due forme contre les touristes originaires de la botte, vous faites fausse route.
Bien que je me contrefiche comme d’une guigne du 10 juillet 2006, je me contenterais de dire qu’en les voyant, on comprend mieux comment Silvio « le fascisme c’est la classe » Berlusconi a pu être élu trois fois président du conseil.
Bref. Cette année, le Jour de l’An c’était New Year’s Eve à London pour So et moi. Trois jours à arpenter la capitale anglaise de Big Ben à Oxford Street en passant par Primark, Notting Hill et la parade du Jour de l’An.
Hasard du calendrier (tiens mon oeil), il se trouve qu’une fois de plus les fêtes de fin d’année sont tombées en plein pendant les soldes d’hiver. Oups. Avant que vous ayez eu le temps de vous vautrer dans le stupre de vos plus beaux fantasmes shopping, ceux où vous partouzez avec les étiquettes de chez Topshop et les –70% de chez Harrod’s, je vous arrête de suite.
Chaque année, on a beau nous rebattre les oreilles avec les soldes anglais, en vrai c’est pas si bien. Outre-Manche, la vie est chère. Les vraies bonnes affaires sont aussi rares que les dépôts Emmaüs à St-Germain Des Près. Sauf peut-être dans les HMV où on trouve l’intégrale de Friends pour moins de 40£ ou chez Bizarro, une excellente pizzeria de Paddington, moins chère et plus classe que la cantine qu’on partage avec les frères Naceri du côté de Romainville.
Il y a un régiment de trucs coolos chez nos amis rosbeefs, mais pas les prix.
Quand tu grailles au resto par exemple, tu dois rajouter le service, soit 10% de l’addition, sur la note finale. Chez Uncle Sam, le service est presque aussi important que le droit d’avoir une arme et le football. Pourtant, ils n’ont pas été jusqu’à franchir la ligne rouge en rendant le pourboire obligatoire puisqu’au fond, c’est bien de ça qu’il s’agit en Angleterre.
Si dans nos contrées latines en mal de savoir-vivre beaucoup de gens n’en lâchent jamais par pure radinerie, il n’en reste pas moins que nous sommes nombreux à considérer les pourboires comme un moyen d’exprimer un mécontentement ou de remercier une serveuse souriante voire un garçon de café blagueur. Cette liberté, les Anglais ont choisi de la fouler au pied. C’est moche.
Tel un oiseau tombé du nid, j’ai découvert d’autres trucs sur l’Angleterre :
* leurs biscuits sont aussi bons qu’une caméra cachée de François l’Embrouille. En particulier ceux de Marks and Spencer que je vous recommande aussi chaudement que Crank II, l’album de Kid CuDi et les livres de Chuck Palahniuk et Nick Hornby ;
* il s’y vend du Dr Pepper, officiellement élu meilleur soda du monde par mes soins ;
* le ciné coûte aussi cher qu’une sortie au théâtre ou une place de concert pour le groupe favori inconnu de ta bloggeuse hype préférée (inconnue elle aussi bien qu’elle soit convaincue du contraire). Pour voir Sherlock Holmes et Nine, j’attendrais ;
* les magasins sont ouverts les jours fériés et les vendeurs y sont presque tous Blacks et Indiens. Mieux, dans quasiment chaque grande enseigne, il y a au moins une vendeuse voilée ;
* il ne pleut pas tout le temps. Pas une seule fois en trois jours à vrai dire ;
* sous ses airs imbitables, le système de transports londonien est en fait aussi simple que l’intrigue d’un épisode de Barnaby.
Le quadrillage de la ville, façon cahier Clairefontaine petits carreaux, garantit une facilité de déplacement admirable, surtout en bus ;
* dans certaines stations de métro, des barrières et des panneaux séparent les couloirs et les escaliers pour éviter que les usagers qui rentrent et ceux qui sortent ne se télescopent. Classe ;
* en revanche, quand ils écrivent sur le sol de quel côté de la route tu dois mirer avant de traverser, ça fait un peu pays d’autistes même si je dois bien reconnaître que ça ne m’a pas été inutile dans mes premiers pas au pays des automobilistes qui roulent à gauche ;
* le petit déj’ à l’anglaise, c’est flabistouflant. Que ce soit chez Garfield’s ou ailleurs, j’adhère avec peut-être une réserve sur les frites de bon matin quand même ;
* la télé anglaise, y compris publique, ça claque du cul. Le 2 janvier à 22h30 par exemple, il y avait la Légende de Ron Burgundy sur la BBC. Le jour où on verra ça sur TF1 ou France 2, j’achèterais un disque de Katy Perry. Gravez ça dans la pierre, la musique de cette connasse est mon Enfer de Dante (j’en profite pour dire que le fait qu’elle se tape Russell Brand me le rendrait presque antipathique et pas drôle).
Vous l’aurez compris, Londres c’était bien. Au programme de mon prochain séjour dans la capitale du flegme : jouer au cricket avec des pak-paks, visiter le zoo de Londres, descendre quelques pintes dans un pub du cru, faire un tour à Buckingham, voir en live un match de Chelsea et une partie de polo, découvrir pourquoi le pudding est infect, dénicher la maison de Hugh Grant dans Coup de Foudre à Notting Hill et faire un pèlerinage sur les traces de Nick Hornby.