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Le roi du bla bla

| Rubrique Me, myself & aïe !

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« Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver » chantait Papy Salvador à l’époque où il ressemblait à un Blackinois et où il n’était pas encore en quête de respectabilité et de Légion d’Honneur.
Sans doute aurait-il gazouillé sa liste de course habité de la même foi joviale, mais ça change peau de zob au fait qu’il était à la page sur le sujet.

Mettons les barres sur les T d’entrée de jeu : je ne dégobille point dans la soupe. Je ne descends pas à la mine et personne paye mes factures. Sans ce turbin, j’en serais sans doute à sucer des cailloux en guise de goûter et à vomir l’indécence de l’étalage de richesses de Booba, quand il se gargarise de ne manger que de la barbaque dans ce démonte-pneu sonore qu’est Jour de Paye.
Je gagne correctement ma vie grâce à ma plume, et tout le monde ne peut pas en dire autant.
Ceci étant, je ne pense pas être fait pour écrire ad nauseam sur des sujets aussi passionnants qu’un résumé du Dakar par un Gérard Holtz nord-coréen sous tranxène. Et à la base, c’est quand même un peu pour usiner de la feuille blanche avec entrain et fierté que je me suis lancé dans ce bordel.
La plupart du temps, j’arrive à faire avec parce que mon taff est loin d’être inintéressant et que j’y apprends des trucs entouré d’un certains nombre de personnes cools, mais parfois, cette implacable constat vient me latter la gueule et les burnes comme un arracheur de portable dans les couloirs du métro.

Est-on censés être ce que l’on fait ? J’en doute. Je viens d’une famille de paysans, de femmes de ménage, de maçons, de carreleurs, de plombiers, j’en passe et des plus durs. Et ils valaient tous mieux que la considération dévolue au métier qu’ils exerçaient. Alors quelque part, j’me dis que par respect pour eux, j’peux pas remettre ça et me satisfaire d’un boulot qui ne me plait qu’à moitié.

Love the police

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Début mars j’entamerais mon cinquième mois de turbin du côté de Moisy-le-Sec. Pourtant, il m’a fallu attendre ce jeudi pour avoir droit à mon premier contrôle de police, lors d’une pause repas tamponnée Epic Fail Industry.

Pour la première fois depuis une bonne paye, on avait décidé d’aller se mettre bien à la fameuse pizzeria aux trois noms de Romainville, celle qui est tapissée d’affiches de films écrits ou interprétés par les frères Naceri, lesquels y ont leurs habitudes.
J’étais bien content, parce qu’outre la perspective de manger un peu moins de la merde, j’espérais vérifier s’ils avaient osé mettre au mur l’affiche du Baltringue, la bobine déjà mythique de Lagaf’, au scénario griffonné par Bibi Nacéri, Chris Nahon et un troisième larron qui pourrait bien être Pascal Duquenne ou un autre déficient mental quelconque.

Malheureusement, le resto était en travaux.

Quand il est l’heure de Pernaut, que t’es à 10 minutes du taff et qu’il ne te reste plus qu’une heure pour grailler, tu ne réfléchis pas. Ou plutôt si, tu réfléchis mais vite : DoMac.

Si j’avais une quelconque notion des distances, je serais tenté de dire que le porte-étendard de la mal-bouffe se situe entre 300 et 500m du bureau. Pas loin en tous cas. Genre 5 minutes de marche.

Une fois chez nos amis américains, on a tergiversé deux minutes avant de se décider à bâfrer sur place. Mais le parking étant aussi plein que la chatte de Sasha Grey un soir de gang-bang, on a fini par se rabattre sur le McDrive.

Lentement mais sûrement, le sort, ce coquin, tissait sa toile.

Tu badges ou tu pointes ?

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C’est fou comme dans une micro-société un micro-événement peut revêtir une maxi-importance.

Au boulot, on a une pointeuse. Ils appellent ça une badgeuse mais ce sont des sottises, en vrai c’est une pointeuse. Disons que pointeuse c’est la version Hortefeux tandis que badgeuse, c’est la version Jack Lang.
Quel que soit le nom qu’on donne à cette merde, ne comptez pas sur moi pour dégobiller un laïus à la caresse moi les bosses sur le flicage en entreprise et toutes ces conneries.
Outre le fait que je n’ai nullement l’intention de devenir un Che Guevara Châtelet-Paris Centre, je rends grâce à ladite pointeuse pour m’éviter de faire des heures sup’(positoires) comme dans mon ancienne boîte. Et puis entre nous, quand j’ai rien à me reprocher, ça ne me dérange pas plus que ça d’être fliqué. Collez moi une caméra au cul, je m’en tape : c’est mon côté Sarkozy. Rassurez-vous, collez-en une autre au cul d’un clando Afghan, je ne voterais pas pour lui pour autant.

Bref. Le micro-événement dont je parlais en intro, c’est la mise en place d’une nouvelle pointeuse.

Qu'est-ce qui est plus dégueulasse que du lait de soja ?

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Causer cul n’est pas chose aisée. Surtout quand malgré sa grande gueule on a l’impression de marcher au bord du précipice de la vulgarité et qu’on n’a pas envie d’y rejoindre Guy Montagné, Jean-Marie Bigard et Cécile de Ménibus qui ont eu tout le loisir d’y installer une démocratie dynamique depuis le temps qu’ils y sont.
D’ailleurs, si un adage dit que ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins, c’est pour une raison. Probablement pour éviter qu’on mette sur la table les vraies raisons pour lesquelles certains n’arrivent pas à parler de sexe sans être tout gêné.
Néanmoins, si quelqu’un a les moyens de me confirmer la véracité de cette expression, alors je pourrais me réjouir de ne pas bosser chez Hot Vidéo. Parce que ouais, figurez-vous que le jour où j’ai décroché mon nouveau gagne-pain, j’avais un entretien d’embauche à la Plaine St-Denis chez Hot Vidéo. Mais j’ai annulé.

Ira brevis furor est

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« La lâcheté est l’un des défauts les mieux partagés de l’humanité« . Typiquement le genre de salade boursouflée vendue par un plumitif à l’inspiration branlante ou un vieux sage façon Miyagi dans « Karaté Kid« .

Piapiapia dans ton corps ouais ! « Lâcheté » ne devrait même pas exister. Antonyme de courage, il banalise celui-ci, et l’enferme dans la petite boîte étriquée de la normalité. Mais nom d’un p’tit cheval à bascule, être courageux, ce n’est pas la norme ! It’s a hell of a quality qui distingue les héros du commun des mortels !
L’absence de courage ne saurait donc être considérée comme un défaut, c’est juste manquer d’une qualité hautement admirable.

Mes anciens collègues ne sont donc pas des lâches, c’est juste qu’ils ne sont pas courageux. En même temps c’est pas très grave, le courage est utile quand on est pompiers, journaliste d’investigation à Novaïa Gazeta ou attaquant du Barça face aux braconniers de Chelsea, beaucoup moins quand on est rédacteur santé, traducteur de news ou aspirant CDI.
Seulement voilà, tout un chacun aimerait se persuader que s’il avait vécu l’occupation allemande, il aurait si ce n’est pris le maquis, au moins sauvé des enfants juifs. Du coup, quand il y a une possibilité de faire reluire son courage, peu nombreux sont ceux qui s’en privent.