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Jay-Z à Bercy : live fucking report

| Rubrique Me, myself & aïe !, Music

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J’ignore où vous étiez hier soir, mais comme ça, à brûle-pourpoint, je peux affirmer que si vous n’étiez pas du côté de Bercy sur les coups de 21h30, bah vous n’étiez pas au bon endroit.
Parce que figurez-vous qu’hier soir, pour la 3e fois de sa carrière, Shawn Carter était in town et c’était putain de bien.

Il y a quelques années, pour le premier concert de Jayhova à Panam’, j’étais déjà dans la place. A l’époque, le grand pèlerinage des true b-boys devait avoir lieu à l’Olympia mais face à la demande, il avait été reporté et déplacé au Zénith. Un peu moins de 10 piges plus tard, Jay-Z joue toujours à guichets fermés, mais à Bercy. Quand on sait qu’exception faite d’Eminem, Snoop et 50 aucun rappeur yankee n’a jamais rempli le POPB, on mesure mieux l’ampleur du truc.

En même temps, ça n’a rien d’étonnant tant le public de Jay-Z s’est élargi. Pour vous donner une idée, rayon people il y avait par exemple Mathieu Bastareaud (lequel n’a pas dû beaucoup sécher la muscu, j’aime autant vous le dire tout de suite) et… Laurent Fontaine. Parfaitement. T’as dit ça, t’as tout dit. Pas besoin de parler des lardons de douze balais chaperonnés par leurs vieux, des quinquas en polo Lacoste, des Rihannatoumata et autres sosies cheap de chanteuses et de rappeurs connus, des kikoolol, des hip-hop heads, des trentenaires lambdas, des hipsters ou encore des backpackers. Hormis les Hell’s Angels et les punks à chiens (et encore, on n’est pas sûrs), Jigga touche tout le monde.

Et on ne peut même pas dire que ce soit volontaire ou qu’il cherche à ratisser large, même s’il a eu l’intelligence de s’ouvrir à d’autres genres musicaux, à travers notamment ses collabos avec Lenny Kravitz, Coldplay ou celle à venir avec Jack White.
Ca vaut ce que ça vaut et peut-être que ça ne veut pas dire grand chose après tout, mais Jay-Z est bigger than hip-hop. Aussi simple que ça. Il sent les tendances et participe à les installer mais ne suit pas bêtement le troupeau.

L’ennui dans un concert rassembleur comme celui-ci, c’est que niveau public, y’a forcément à boire et à manger. On aimerait tous croire que les gens qui se déplacent pour Jay-Z sont forcément des personnes estimables, mais ce n’est pas vrai. J’en sais quelque chose car ayant souvent la brillante idée d’aller seul aux concerts, je me paye régulièrement les conversations stupides de mon voisinage.

Le mégalo prend l'eau

| Rubrique Music

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Qui du dealer ou du tox’ est apparu le premier ? Moi j’en sais rien et c’est pour ça que je serais incapable de vous dire ce qui a fait que le concert de Kanye West au Main Square a pris l’eau tel le Titanic dans les eaux froides de l’Atlantique.

Est-ce la faute du public Ch’ti, aussi chaud qu’un magasin Picard et dans sa majorité, rond comme une barrique ?
Ou alors c’est peut-être la faute de Monsieur West, dynamique comme un pantin sans son marionnettiste au milieu d’un set poseur et glacial.

Confirmant sa réputation de melon en chef de l’entertainment yankee, Kanye ne s’est adressé au public qu’en de rares exceptions. En même temps, ça a jamais été Busta Rhymes. Et puis est-ce que vous auriez eu envie de tailler le bout de gras avec un public d’arrachés, imbibé de bibine et baignant dans les volutes de ganja ? J’crois pas non.

Bizarrement ça m’a donné envie de réécouter sa dernière galette même si les titres qu’il en a interprété étaient cold as ice. Je retournerai le voir quand il reviendra au style de ses débuts, plus chaud, plus soulfull et plus kiffant.

Avec tout ça, j’ai regretté d’être arrivé trop tard pour le set de Lily Allen.

Se7en songs away Playlist

| Rubrique Playlist

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1 – Remember me – T.I ft Mary J. Blige

Comme s’il y avait un risque qu’on oublie T.I à cause de 60 jours de cabane ! Ce côté geignard du hip-hop US à la « Murder Reigns » genre « je suis seul, personne ne m’aime, je vais me coucher au pied d’un peuplier et attendre que la mort vienne me cueillir » a tendance à me taper sur le mambo, mais ne serait-ce que pour le refrain de Mary J., I buy it.

2 – Wé Wé Wé – Seth Gueko

En toute modestie je pense pouvoir dire que j’ai un vocabulaire assez fourni. Pourtant quand j’écoute Seth Gueko c’est comme si j’avais été élevé par une meute de loups tellement j’entrave que dalle à la moitié de ce qu’il dit. Soi-disant c’est de l’argot gitan mais moi je le soupçonne de glisser des mots imaginaires ci et là. Qu’importe ça n’enlève rien à la qualité du morceau.

J'ai une famille de potentielles stars du rap

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Les rappeurs on dirait ma grand-mère. Rien qu’ils parlent de maille tout le temps. L’ancêtre aurait dû lâcher le balais pour prendre le mic. En fait la moitié de ma famille aurait pu se lancer dans l’industrie de la rime :

Ma mère : elle passe son temps à clasher tout ce qui bouge. Le beef c’est son truc. Peut-être bien que dans une battle, Eminem ferait trois fois la ronde autour de son slip à capuche direction 8 Mile.
Mon père : quand il cause, il remplace la ponctuation par putain et invente des mots, en plus de passer du français à l’espingouin avec la dextérité de Julio Iglesias.
Mon oncle Jesus : il a des liasses de fafiots plein les poches, des chicots en or dans la bouche et 1,5 kg de jonkaille sur lui. On dirait le paternel de Lil’ Wayne.
Mon frère : il serait incapable de rapper convenablement même si sa vie en dépendait, mais il est charpenté comme Schwarzy dans « Conan Le Barbare« , tout pareil que 50 Cent.
El abuelo : il avait des punchlines à défriser un caniche. Dommage qu’il soit mort. Enfin 2Pac aussi en même temps et ça ne l’empêche pas de sortir un skeud tous les quatre matins.

Jay-Z hurry up ! I wanna pay for music again !

| Rubrique Music

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La dernière fois que j’ai emprunté les coûteux boulevards de la légalité pour acheter une galette, c’était pour « American Gangster » de Jay-Z. Ca ne cassait pas cinq pattes à une belette, mais le moyen chez Jay-Z tutoyant l’excellent chez les autres, y’avait vraiment pas de quoi poser réclamation.

Depuis nada. Jigga, qui avant d’être anastomosé à Big Bootyoncé, plastiquait les charts une fois l’an avec la régularité du Sida en Afrique, prends son temps. Même pas un de ces side-projects, dont le Hip-Hop Pope bénissait ses fidèles de temps en temps, à se mettre sous la quenotte.
Le mec le mieux loti du rap cainri en Benjamins fait son Dr Dre, repoussant continuellement « Blueprint 3 » afin d’offrir un classique à la plèbe, à son égo et à celui de Kanye West qui produit le truc.

« Blueprint 3 » sortira donc quand « Blueprint 3 » sera prêt.

« J’ai composé quelques morceaux. Nous allons entrer en studio et revoir ce qui était supposé être sur l’album. En ce moment, Kanye est en train de composer un nouveau lot de musique qui va être phénoménal et, d’ici peu, quand ça sera prêt pour le public, nous le sortirons… Si je n’ai aucune contrainte de temps, je fais n’importe quoi et je n’arrive pas à le finir. Je serais comme Axl Rose ! Ça sortira dans 12 ans et nous parlerons de la démocratie chinoise. J’aime vraiment les contraintes de temps. Mais peu importe ce qui se passera, l’album sera probablement meilleur, car ce sera fini quand ce sera parfait. » Jay-Z


Ca nous laisse un peu de temps pour un petit tour dans la DeLorean.
La première fois que je me suis mis un disque de Jigga dans les esgourdes, c’était « Vol.2 Hard Knock Life« . C’est aussi l’un des premiers albums que j’ai acheté. C’était après avoir vu le clip de « Can I Get A… » dans « En juin ça sera bien » sur la Cinquième. J’avais 14 piges, « Titanic » venait de violer le box-office avec une sévérité pornographique, Rachida Dati s’endimanchait encore chez Prisunic et « Capital » narrait les success-stories de Mohammed Dia et Caramail.
98 quoi. J’ai tellement écouté l’album que la Pierre de Rosette est plus facile à déchiffrer que le livret. Quant au boîtier, on dirait qu’il a fait Gergovie.

Après cette révélation quasi-christique, j’ai acheté tous les ans le Jay-Z annuel comme on achète le calendrier de l’Avent ou le vaccin contre la grippe quand on est vieux et qu’on ne veut pas mourir. J’ai aussi prêché la bonne parole des Témoins de Jayhova contre les Nasophiles à l’époque où Shawn Carter et Nasir Jones avaient transformé New-York en Dallas et en enjeu de leurs joutes verbales.

Depuis 1996, il n’y a eu que deux années blanches dans la discographie de Shawn Carter. 2005 (il jouissait alors de sa retraite, prise en 2003 après la sortie du « Black Album« ) et 2008. Et 2009 donc s’il ne remue pas fissa son pétrousquin.

Du coup, je me questionne. Peut-être que le premier disque que j’achèterai depuis « American Gangster » ne sera pas « Blueprint 3 » mais « Relapse » qui prend aujourd’hui les bacs d’assaut, entièrement produit par Dr Dre. ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Pendant qu’on se languit, Jay-Z ne se tripote pas le micro hein. Pour l’heure, il a déjà sorti deux sons de « Blueprint 3« , « Jockin Jay-Z » et « Brooklyn we go hard« , enregistré deux collabos bombesques, « Swagga Like Us » avec T.I et « Lost » avec Coldplay et mis en musique l’élection de Barack Obama. Ca n’augure que du bon pour son 13e album.

Holla at your boy !