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Collateral damage: death of a giraffe

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Outre les nombreux souvenirs qui vagabondent sans cesse dans mon subconscient, je n’ai gardé que deux trucs de l’ex-femme de ma vie.
Un post-it sur lequel elle avait noté l’adresse du tribunal d’instance du 11e, à l’époque où on avait inscrit le Pacs à nos agendas, histoire de me souvenir que rien n’est jamais acquis et que les projets n’ont de sens que lorsqu’on les concrétise, et une girafe en carton d’1m80 qu’elle m’avait offert pour mon 1er anniversaire dans la capitale des Flandres.

Si le post-it restera au mur jusqu’à ce qu’une fille gagne la guerre contre moi et me persuade de l’utiliser (si c’est Emma Stone ou Amber Heard, ça sera inutile en revanche, elles, je leur dit banco cash express), la girafe est dead. Et je m’en vais vous raconter la triste histoire de son trépas.

J’ai deux voisins de palier. Un couple de quadras (ou presque) arrivé en même temps que nous et aussi discrets que des Juifs pendant la guerre et une famille de rebeus avec à sa tête une connasse intégrale qu’on appellera Josette, histoire de ne pas donner de grain à moudre aux fachos de tous poils qui sévissent sur la toile.

Ça fait des années que je connais Josette. Sa famille, je l’ai vu se composer, se décomposer et se recomposer comme si elle faisait partie du casting de mon soap opera préféré. Alors quand je vous dis qu’elle fuit de la bouteille et pas qu’un peu, vous pouvez me croire sur parole. A côté d’elle, le Colonel Maman c’est Simone Veil.
Josette, elle a pas mal de casseroles au cul et encore plus de rumeurs.
Il y a une dizaine années par exemple, embastillé sur le palier parce qu’elle refusait de lui ouvrir la porte du foyer familial, son mari de l’époque est tombé du 2e étage alors qu’il essayait d’appliquer les préceptes d’Ärsenik et Passi en passant par la fenêtre.

Sauf qu’il était un peu éméché, qu’il a basculé en arrière et qu’il s’est littéralement fracassé le crâne quelque chose comme 10m plus bas, dans la courette de l’immeuble. Personne n’a rien vu, mais ça n’empêche pas tout le monde de jacter et de soutenir que c’est Josette qui l’a envoyé se coucher sur le bitume. A en croire le Colonel Maman, elle l’aurait même assommé avec une casserole. Quelle que soit la vérité, on ne la connaîtra jamais, puisque même s’il a fini par s’en tirer, le pauvre bougre, dont elle a divorcé par la suite, est aujourd’hui ce qu’on peut appeler un gogol.

En ce qui me concerne, j’suis pas juge, j’ai pas de preuve et j’habite pas dans la tour du Renard. Du coup, j’ai pas d’avis sur la question. Ce que je sais en revanche, c’est que si on fait ce genre de saloperie, les remords et la culpabilité doivent vous poursuivre comme un exhibitionniste dans un centre commercial, et Josette, elle n’a pas vraiment l’air de quelqu’un qui est poursuivi.

En même temps, elle est peut-être habituée. Depuis son arrivée dans l’immeuble il y a 15 piges, un tas de rumeurs ont toujours cavalé sur son compte. A en croire les cancans du quartier, elle a été pute, croupière dans un casino, hôtesse dans un bar, femme de ménage, employée de taxiphone ou encore serveuse. Une chose est sûre, sur son CV actuel, la profession c’est femme au foyer. Comme pour montrer aux rumeurs qu’elle est devenue quelqu’un de « bien », elle porte le voile et s’occupe de son troisième lardon, un petit enculé qui passe le plus clair de son temps à hurler et appeler son père. Là par exemple, il est en train de monter les escalier et il pleurniche. Des « papa papa » entrecoupent ces sanglots. Si j’étais son vieux, je profiterais d’être encore dans la place pour répondre à ses vagissements parce que les paternels des deux autres gosses, ils ont été remplacés plus vite que des produits Apple.

Ce mec, son 3e mari donc, est plus jeune qu’elle. Ça ne fait pas longtemps qu’ils sont maqués. Je ne sais pas s’il la mise en cloque avant ou après le passage devant l’édile, mais pour passer la bague au doigt d’un colis pareil, j’imagine qu’un polochon dans le tiroir doit être un argument décisif, pour peu qu’on soit un mec à cheval sur la morale (ce qu’il a l’air d’être un peu vu qu’il lui a collé un voile sur la tête pour qu’elle fasse moins pute).
Toujours est-il qu’elle ne pourra sans doute jamais espérer mieux. Ce mec, c’est le top pour elle. Au dessus, c’est le soleil.
C’est comme ça, pour certains, l’ascenseur social s’arrête au -1.

Si on considère que les gens qui se ressemblent s’assemblent, ce mec est à n’en pas douter un parfait connard. En ce qui me concerne, je ne le connais pas, mais je ne lui fais pas confiance. Il a une bobine de traître, une carafe de faux-derche, comme un chat qui chie dans sa caisse. Ou comme un blogger IRL sauf que celui-là ne passerait pas son temps à s’auto-sucer en parlant de lui. Faut dire qu’il aurait du mal. Josette a beau avoir 10 voire 15 balais de plus que lui, c’est pas exactement une MILF ou une cougar au sens bandant du terme. C’est une rebeu à l’air sévère en route pour la cinquantaine. Le genre de meuf qu’on pourrait retrouver dans un vieux gonzo français estampillé MyPornMotion.
En plus de ça, ils crèchent à cinq dans un deux pièces plus petit que le mien. On est donc bien loin de la success story du blogger parisien qui fait 500 000 vues par moi et reçoit des communiqués de presse (tu la sens ma grosse ironie ? Tu la sens bien hein !).

Aussi loin que je m’en souvienne, Josette a toujours eu des rapports conflictuels avec mes vieux. Enfin conflictuels… Disons on/off. Sur Facebook, le statut de leur relation serait « it’s complicated ».

Sans papiers…

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Il y a environ une huitaine de jours, la Abuela a cassé sa pipe. Vu qu’elle facturait presque 100 ans, j’ai été aussi surpris qu’à l’annonce des nommés à l’Oscar du meilleur film, d’autant plus qu’elle s’était flingué le col du fémur quelques mois plus tôt et qu’instinctivement, je savais alors que c’était le genre de merde dont les anciens ne se remettent jamais vraiment.
C’est peut-être pour ça que je n’ai pas été triste. Ou peut-être que c’est parce que je ne l’avais pas vu depuis si longtemps qu’elle avait cessé d’être une personne pour se transformer en bon souvenir. Et les souvenirs ont beau s’effilocher à mesure que le temps passe, ils ne trépassent jamais vraiment. Comme la Abuela donc.

J’ai appris son dépôt de bilan par un coup de fil de ma couz’ alors que, tel un hélicoptère Huey au Vietnam, le RER E s’apprêtait à me débarquer dans l’enfer noiséen. Ma cousine crèche outre-Pyrénées et bien qu’on s’aime beaucoup, on ne s’appelle jamais, sauf urgence ou mauvaise nouvelle. Aussi, quand « Who dat » s’est interrompu et que son blaze s’est affiché sur mon iPhone, il ne m’a pas fallu 107 ans pour piger de quoi il en retournait. C’est sans doute pour ça que je n’ai pas répondu tout de suite. Le temps d’intégrer la nouvelle, de passer outre le déni et l’auto-persuasion genre « peut-être que c’est pas ça », etc. Les cinq étapes du deuil en 10 minutes quoi. Une manifestation supplémentaire de mon manque pathologique de patience.

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les gens passent toujours l’arme à gauche pendant la nuit ? Non pas que j’eus préféré apprendre la nouvelle entre deux coups de quenotte dans mon crudité-thon, mais faut admettre que la perspective de se réveiller avec un cadavre sur son répondeur, c’est un peu abrupt.
Peut-être que la nuit les gens confondent plus facilement la mort et le sommeil et qu’ils sont donc plus en confiance pour se laisser embarquer par la grande faucheuse.
J’en sais foutre rien en fait mais ça m’a tellement perturbé qu’en arrivant, j’ai accepté la brochure de la Tour de Garde que m’a tendu un des Témoins de Jéhova qui, jour après jour, font le pied de grue devant la gare de Noisy dans l’espoir de convertir une pauvre âme.

Heureusement, j’ai rapidement remis mes cases dans l’ordre, foutu cette chiasse à sa place (la poubelle, mais ça, vous le saviez) et rappelé ma cousine pour qu’elle me confirme la mauvaise nouvelle. Puis j’ai sonné mon bro’ pour qu’il rentre à la maison afin de prévenir Papa Moustache de vive voix. Le respect, la politesse.

Pourquoi je ne m’y suis pas collé personnellement ? Bah parce qu’il fallait que je m’occupe de mettre mes vieux dans un coucou pour l’Espagne fissa, l’enterrement étant programmé pour le lendemain 15h.

La guerre des voisins

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J’aime mon nouvel appart. Sa douche façon SciFi, son parquet en chêne massif, son dressing, son canapé blanc, l’affiche « Allez tous vous faire enculer »… Non, vraiment So et moi on est bien chez nous.
Mais ce que je préfère, c’est sans doute mon dock 100 watts pour iPod.
Avec ça, je mets du miel dans mes esgourdes et je soigne celles des voisins, soumises aux couinements bollywoodiens des conneries écoutées par les Sri-Lankais du 5e et aux baragouinements raï des quelques Égyptiens de l’immeuble.
Après chaque journée de labeur, je procède donc à de grandes séances d’exorcisme musical à base de ceci, de cela ou encore de ça, tout en sifflant des sodas avec Madame La Vedette.

Mais je vis avec une épée de Damoclès au dessus de la carafe. A tout instant, je m’attends à voir débarquer les keufs en service commandé pour une la mégère sexagénaire de l’immeuble voisin, la Connasse du 72.

Début août, lors de notre premier dimanche de travaux, cette vieille zinzin débarquait en blouse blanche pendant que j’assommais un mur à coups de marteau. Essoufflée comme une asthmatique dans une partouze (alors qu’on habite jamais qu’au 2e hein), elle nous affirmait la voix tremblante qu’il était 10h30 et qu’elle avait besoin de pioncer, rapport qu’elle avait un poste à responsabilités dans un hôpital parisien.
Manque de bol, Papa Moustache, qui usinait dans la pièce d’à côté, la connaissait bien : en vrai, elle faisait occasionnellement (« occasionnellement » étant ici un synonyme pour « au noir », NDA) la caisse pour le taxiphone d’en bas, lequel avait pris ses cliques et ses claques et mis les voiles sans laisser d’adresse.

Diplomate averti et adepte du respect entre les peuples, Papa Moustache l’a mise en fuite en l’assaisonnant d’épithètes. Du coup, quand on a remis ça le week-end suivant, elle nous a envoyé les flics sans autre forme de procès, ce qui est plutôt légitime compte tenu de l’hostilité du contexte.

Extreme MakeOver Home Edition

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Certains d’entre vous sont déjà au parfum, d’autres non alors je m’en vais de ce pas vous mettre tous sur un pied d’égalité : j’en ai fini avec Saint-Mandé, me voilà de retour à Paname.
3 jours après que je sois rentré de ce Giro italien qui file tellement la trique à ceux à qui j’en cause, Socadance et moi-même donnions le coup d’envoi de nos travaux d’Hercule à nous : la rénovation de notre futur pied-à-terre.

Enfin rénovation… S’il y a un mot pour parler de la reconstruction d’un pays ou d’une région après une catastrophe naturelle genre Katrina, le Tsunami ou Gérard Depardieu, il serait sans doute plus approprié.

Pour résumer la situation initiale, une tribu de pakpaks a squatté l’appart’ pendant trois ans, manifestement convaincue que le loyer était en option, comme le ménage, l’hygiène et les vannes dans un spectacle de Frank Dubosc. Si j’étais un connard bas de plafond, cette affaire m’aurait conduit à voter à droite tant elle est emblématique de tous les abus qu’il peut y avoir en France mais bon, ne donnons pas de grain à moudre à ces gus.

Après trois piges d’une procédure coûteuse et lente comme un piano qu’on hisse au 5e étage, un huissier a procédé à l’expulsion de la fine équipe, laquelle avait pris les devants, abandonnant sur le champ de bataille leur linge sale, leur électroménager sale, leurs meubles sales, tout sale en fait.

Quand l’huissier a fini par nous lâcher les clés de la boutique, celle-ci semblait avoir été abandonnée précipitamment après une explosion nucléaire, une invasion de zombies ou une attaque de cafards carnivores.