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Tournée de mes popotes à Noisy-le-Sec

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Ça fait une paye que je ne me suis pas entretenu avec vous de Noisy le Sec et, en dépit des déconvenues que ça entraine en terme de référencement et donc de e-reputation, je pense que c’est une erreur parce que ça pourrait vous laisser penser que je n’y travaille plus et que par conséquent, je n’ai plus besoin d’être sauvé. Chaque anecdote sur cette version dionysienne de Mogadiscio est une bouteille à la mer lancée en direction des rédacs chefs de publications prestigieuses susceptibles de m’offrir le gîte, le couvert et l’asile politique contre quelques articles de bon aloi.

Ça fait un an et un mois que je traine dans les parages et il y a de moins en moins de débits de nourriture accessibles géographiquement qu’on peut considérer comme acceptables.
Le Celtic ? On y va plus. La deco est infecte, le personnel se comporte comme si on avait saccagé leurs pénates après avoir déflorée leur fille aînée et transformé leur chat en descente de lit et croyez moi, la boustifaille ne mérite pas qu’on subisse pareils sévices.
Le McDo ? Florence ayant cessé d’illuminer de son professionnalisme ce lieu de perdition calorique, je n’ai plus d’excuses sociologiques pour m’y rendre. Et de grâce, ne me parlez pas de leurs salades parce que manger une salade dans un fast-food, on sait tous que c’est comme payer une pute pour bavarder.

Enquête exclusive, ou comment j’ai assisté à un vol à l’arraché dans le RER

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Les faits divers, c’est comme les dahus : beaucoup en parlent, mais peu en ont vu. Mardi, j’étais au premier rang pour en voir un dans le RER E, un de ceux qui ne fera pas les gros titres des journaux mais qui ira grossir les statistiques de l’insécurité et le programme de Nicolas Sarkozy. Un de ceux qui donnera du relief aux inepties des commentateurs du Post et du Figaro. Un de ceux qui, si vous le racontez à un simple d’esprit, un vieux ou un électeur de droite, aura le même effet néfaste que si vous emmeniez un obèse dans un McDo où tout serait à 10 centimes.

L’action prend place en gare de Moisi-le-Sec, charmante bourgade séquano-dionysienne que Cyril Cinélu n’aurait jamais dû quitter, où La Caution a bu son premier Thé à la Menthe et dont la Mairie est le théâtre d’une bataille de chiffoniers digne d’une cour d’école spécialisée.

A l’inverse de beaucoup d’entre vous, avant de grimper dans le RER, j’attends patiemment qu’il dégobille tous ses passagers sur le quai. Laisser descendre avant de monter. Le respect, la politesse. Mais mardi, deux jeunes gaillards élancés en tenue de sport se tenaient dans l’encadrement de la porte en mode suricate, regardant successivement à gauche et à droite avec attention, comme s’ils risquaient d’être transformés en Paninis par un 33 tonnes en quittant la rame.

Bon, moi, j’suis poli et tout hein, mais, si on se met en travers de ma route, j’m’en bats la quatre fromages, je m’ouvre le chemin à la force de l’épaule. C’est précisément ce que j’ai dû faire là. J’aurais dû me douter de quelque chose parce qu’habituellement, quand tu bouscules ne serait-ce qu’imperceptiblement ce genre de gus, il dégoupille choupette illico, enchaînant les menaces à caractère homosexuelle (« j’t’encule sale pédé va ! »), les coups de pression ridicules (« Eh toi, reste mignon ») et l’énumération de tous les sévices qu’il ferait subir à ta maman si d’aventure il venait à se rencontrer. Mais là, rien de tout ça.

The Office

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Il y a quelques mois, on a changé de bureaux au taff. Nous avons désormais le privilège de squatter un nouveau bâtiment avec une porte presque dérobée, genre entrée des artistes, et un étage entier rien que pour nos pipes. Enfin presque. Une grande bâche comme celle qu’utilisent les gitans en guise de toit dans leurs bidonvilles en bord de périph’, nous sépare des wannabe Le Meur qui ont posé les bureaux de leur start-up à côté. Des bureaux dont la moquette n’a plus été shampoouinée depuis que Joe Dassin s’en est allé siffler là-haut sur la colline et qui par dessus le marché se trouvent à Moisy-le-Sec, autant dire qu’elle start du feu de Villa leur boîte. Pas sûr qu’elle up beaucoup.

Régulièrement, des relents de tabac froid s’échappent de leur tanière pour venir nous chatouiller les naseaux. Claude Evin et sa loi, ils l’enculent. Le midi, ça a parfois tendance à sentir comme la cuisine d’un PMU miteux où le cuistot surveillerait la cuisson de son bourguignon la clope au bec.
Les avoir pour voisins, c’est loin d’être une fête. C’est plutôt comme être en colloc’ avec un Allemand qui chaque matin boufferait ses saucisses et son bacon à même la casserole et sous votre nez, au mépris du respect de l’intégrité olfactive de tout être humain (je n’ai pas peur des clichés, après tout ils ont fait élire Sarkozy).

Ils ont aussi une stagiaire qui se balade pieds nus telle une grosse gitane dans des lieux où j’ai peur de salir mes semelles et son pendant masculin qui porte sans honte un jean pêche aux moules.

Présenté de la sorte, ça a l’air un peu relou mais pas du tout. Nos nouvelles pénates sont flûtement spacieuses. Un poil trop même. Pour vous donner une idée, elles font quelque chose comme trois fois la surface qu’on occupe alors qu’il n’y a rien d’autre que nous et un cube de 20m² abritant les serveurs de la société et un matelas.
Vous pouvez fantasmer là dessus si ça vous chante, mais y’a plus de chances qu’on y enferme des gens qui refusent de payer leur prime d’assurance qu’autre chose. Ca se passe comme ça dans le 9-3, ça rigole pas des masses (sauf quand Joey Starr traite Eric Zemmour comme le petit singe qu’il avait en cage autrefois).

A part ça, y’a des nids de poule au plafond, les cabinets sont moins souvent cleans que la chatte à Paris Hilton, des fils pendouillent ci et là et des câbles courent le long des murs pour se plugger sur la trippotée de prises qui se battent en duel alors qu’on est 10.

Being McDonald’s cashier

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Faites un effort et imaginez un instant que vous êtes une ravissante beurette à frange de 20 berges qui pige au DoMac pour se faire de la maille.
Le pedigree peu flatteur de vos collègues aidant, les hommes affluent à votre caisse. Vous n’en avez rien à branler, c’est pas comme si vous n’aviez pas pris le pli depuis que vous n’êtes plus la gamine bouboule snobée de tous, y compris des moches, lors du quart d’heure américain des boums de votre enfance.

McDo ce n’est évidemment pas une vocation mais plutôt un choix par défaut. Vos horaires sont flexibles, vous n’êtes pas loin de la maison et ils ne sont pas très regardant lors des entretiens d’embauche. Jamais de la vie ils n’auraient embauché Florence sinon, votre collègue légèrement handicapée qui récure les tables et le sol comme si elle était le John Braddock des fast-food ou que le Dr Delajoue allait louer le resto pour y opérer.

Et puis qui sait ? Avec un peu de veine, quelqu’un vous dira peut-être pourquoi Ronnie McDonald s’obstine à foutre de la flotte dans ses sodas alors que ça fait des années que tout le monde se tue à lui dire que c’est dégueulasse.

Mais pour ce faire, encore faudrait-il que vous alliez au-delà de votre période d’essai. Et ça, c’est pas gagné parce qu’aujourd’hui, tout va de travers.

Je trace mon chemin through the cementary

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Chaque matin, quand mon soleil se lève sur la gare de Noisy, je m’efforce, autant que faire se peut, d’éviter certaines personnes. Pas mes collègues d’open space qui pour la plupart sont gentils comme de la barbe à papa dégueulée par un Petit Poney, mais des gus de la boîte qui pourraient être tentés de profiter de la dizaine de minutes que dure le trajet jusqu’au bureau, pour faire ami ami avec ma personne. Merci, mais non merci.

Ils ne sont ni méchants, ni même spécialement relous, c’est juste que je n’ai rien à leur dire. Et vous savez ce qu’on dit hein, quand on a autant d’affinités avec une personne qu’avec un raton laveur aplatit par Courtney Love sur une route de l’Oregon, faut pas se forcer.

Coiffure de kiki ou de CM2 que ses parents n’aiment pas et t-shirt Champion rentré dans un falzar en toile bon marché, le type de l’informatique n’est pas exactement le genre de collègue qu’on aimerait avoir pour ami par exemple.
Pas tant pour ces raisons, qui seraient pourtant déjà amplement suffisantes, que parce qu’il est aussi inintéressant qu’un film « à la Will Ferrell », soit une bobine qui ambitionne d’être drôle comme Will avec un humour façon Ferrell mais sans lui (ce qui équivaut à peu de choses près à la religion catholique sans Jésus Christ). Pour votre inculture perso, un film « à la Will Ferrell », ça pourrait être Incontrôlable avec Michael Youn et croyez moi, bien que je n’en ai vu que le trailer et deux, trois extraits, si Incontrôlable était un de vos collègues de boulot, vous ne voudriez pas ne serait-ce que partager le trottoir avec lui.

Au delà de ça, rien ne me met plus mal à l’aise que ces conversations convenues qu’on entretient laborieusement pour empêcher le silence de faire son nid.