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Comedia dell'arte

| Rubrique Me, myself & aïe !

8

La Abuela, n’a jamais eu le sens de la mesure. Elle a toujours envisagé sa vie comme un mélodrame meryl-streepien où chaque contrariété la rapprochait un peu plus du dernier continent. Pour vous donner une idée, elle se faisait presque un devoir de porter le masque de l’affliction quand on la prenait en photo.

Avec elle, on était en permanence dans une certaine forme d’excès, ce que les Italiens nomment Comedia Dell’Arte.

Quand j’étais ado et que j’allais à la piscine municipale, elle m’accompagnait. Même si je ne savais pas nager et que j’avais le chic pour me fourrer dans les endroits où je n’avais pas pied, c’était un peu la honte de me trimballer une aspirante Pamela Anderson quasi-nonagénaire. Je dis Pammie mais elle était en réalité plus proche de Jeffrey, le majordome de la famille Banks dans le Prince de Bel-Air. Dès que je sortais de l’eau, elle venait à ma rencontre serviette au bras, tel le serveur d’un resto chic qui vous présente une assiette à base de langoustine.

Moi dans l’eau, elle était en mode chien de prairie. Pendant que je barbotais, elle restait là, adossée contre les barrières du bord de la piscine, un œil inquiet, l’autre suppliant. (Pour votre gouverne, l’air suppliant c’est cette tête de faux-cul que font les vioques quand ils veulent quelque chose. Faut pas se laisser attendrir. )

Comme la patience et elle ça fait trois, après un quart d’heure la Abuela finissait toujours par m’enjoindre de sortir avec une fermeté désespérée qui n’aurait pas fait ciller un kid de trois piges. D’ailleurs, je l’envoyais systématiquement vérifier si l’herbe n’était pas plus verte ailleurs. Loin.

Backdraft

| Rubrique Me, myself & aïe !

3

Samedi midi, le Colonel Maman et ma sista ont été voir du côté de St-Germain si elles y étaient. Le temps d’un chnew à volonté et d’un aprèm’ dans les quartiers chics, le Colonel s’est improvisé garde chiourme de ma sœur et sa BFF. Ce n’est pas du tout le sujet de cette note mais je voulais juste dire que ladite BFF a offert au colonel un triple best-of de Claude François sans raison particulière. C’est quoi le projet, elle a envie de se faire adopter cette gosse ?

De toute façon là n’est pas le sujet alors dossier suivant.
Ma mère n’étant pas là, l’instinct de survie nous a poussé le Christ et moi dans la cuisine pour grailler. Mais à la caserne parentale, se sustenter c’est le parcours du combattant d’un point de vue logistique et spatiale.
Du coup, et alors que je suis un putain de cuisto en temps normal, le roi du risotto même, j’ai réussi à mettre le feu à une poêle en faisant cuire deux steacks hachés à la con.
Comme je suis un gus consciencieux et que je ne voulais pas foutre en l’air le déjeuner de bro’ qui rentrait de la muscu, j’ai éteint cette belle grosse flamme en soufflant dessus.
A vu de museau, je dirais qu’elle s’élevait à une trentaine de centimètres quand même. C’était pas de la flamme de bougie quoi. Et pourtant, j’ai sauvé les steacks. Au delà du ridicule de la situation, faut bien se rendre compte que ce n’est pas la première fois que le feu me brûle les moustaches.

The sisterhood from the slim pants

| Rubrique Me, myself & aïe !

2

Le 31 mai dernier ma sœurette a fêté ses 13 ans. Pour mes géniteurs et leurs voisins non insonorisés, la période long fleuve tranquille de leur vie est désormais derrière eux. Pour une demi douzaine d’années au bas mot, c’est le début de la fin rayon tranquillité d’esprit du paternel.

Lorsque la dernière flamme a cessé de danser sur l’ultime bougie du fraisier de son 13e printemps, le corps de ma sœur est devenu un milk-shake hormonal à l’affût de la moindre paille.