rss
twitter
  •  

Pim, pam, poum

| Rubrique Me, myself & aïe !

7

Puisque c’est en partie ce qui m’a retenu d’écrire sur mon blog pendant presqu’un an, on va en remettre une couche en guise de solde de tout compte avec cette note qui dormait sur mon bureau depuis quelques temps.

Dans les premiers jours, premières semaines, premiers mois qui suivent une séparation, tu te retrouves à voir des signes qui vont dans ton sens partout, à en mendier, à espérer un coup de fil voire à supplier un retour.

T’as laissé ta dignité à la douane et t’as même pas flanqué ton amour-propre dans tes valises.
Tu passes déjà pour la plus grosse pipe de la place de Paris, mais t’en rajoutes une couche. Ta connerie, elle clignote autant que toutes les machines à sous de Vegas réunies. On la voit de l’espace, elle fait fait chier les Russkoff, elle consterne les Yankees, elle exaspère tes potes. Si y’avait pas un petit risque de décès, tout le monde se mettrait corda pour lâcher un tapis de bombes sur ton quartier.

Anyway, tu peux pas nier que t’es un douchebag, vu que tu as toi-même composté ta carte de membre. Bienvenu au club, le bar est au fond, les boissons sont offertes, les connards dont tu te moquais quelques jours auparavant sont partout dans la salle et la fierté et le bon-sens attendent qu’on vienne les chercher aux objets trouvés.

Aujourd’hui, avec quelques mois de recul dans les gencives, je vous dirais volontiers qu’on ne m’y reprendra plus, mais la vérité c’est que les trains passent souvent dans les mêmes gares. J’ai beau avoir dégobillé mes tripes, mon coeur et mon âme dans cette montagne russe, ce fut quand même beaucoup trop chouette pour ne pas retenter le coup dans un autre parc d’attraction.

Quand j’ai bouclé mon tour de piste, je lui ai souhaité le meilleur et patati et patata. Balivernes. Tu dis ça, mais t’en penses pas un mot. Tu serais plutôt tenté d’aller chez elle avec une ceinture d’explosifs et de refaire la déco façon Jackson Pollock. Murs, moquette, plafond.
Mais généralement tu le fais pas. C’est ce qui te distingue du psychopathe lambda et c’est pour ça que toi, t’es pas Guy Georges.

Pourtant, y’a des gens dans ton entourage qui ne t’encouragent pas à la retenue. Des gus dont t’avais à peine entendu parler six mois plus tôt viennent soudainement livrer leur expertise sur ton couple et sur ce qui clochait. Mieux! Ils ont même un plan d’action en béton pour toi et une putain de boule de cristal dans laquelle ton futur et le sien leurs sont apparus très distinctement. Cela dit, c’est pas forcément choquant quand on s’assoit deux secondes et qu’on songe qu’on vit quand même dans une société dans laquelle Arianne Massenet a demandé à Carole Bouquet son analyse sur l’affaire DSK. Les avis, c’est comme le cancer. On en a tous un, mais il n’est pas aussi développé chez tout le monde.

On the friend’s side, c’est pas toujours mieux. Le top du hip-hop de l’amitié se contente d’écouter tes jérémiades et de faire preuve d’une patience hors-normes lorsque tu soliloques comme un philosophe refait égaré dans un PMU du XIXe. Les autres retournent plus vite leurs vestes que Sarkozy au sujet de Kadhafi. En trois coups de cuillère à pot, ton ex, qui était parfaite et que tout le monde semblait apprécier, a soudainement muté en Saddam Hussein de ton couple, en Ben Laden des relations hommes-femmes, en Simple Jack du sentiment.
Pro-tip: cet état des lieux sans pitié eut été tellement plus utile AVANT.

Du coup, ce compas social que tu utilises pour tracer un nouveau cercle d’amis, t’es parfois obligé de l’employer avec des gus qui ont choisi ton camp.
Ouais parce que ça, c’est encore une autre affaire. 90% des gens qui disent que votre séparation ne va rien changer, qu’ils ne prendront pas parti, qu’ils t’aiment bien et tout et tout, sont des foutus mythos. Au moment où ils te refourguent leurs salades, faut bien avoir à l’esprit que c’est parce qu’ils sont obligés de te dire quelque chose. Ne rien dire c’est déjà choisir un camp. Ou alors pire encore, c’est ne pas avoir d’avis.
De toute façon, ces gens là, tu ne les reverras jamais pour la plupart. Pas plus que tu ne reverras ton ex en dépit de toutes les promesses faites comme autant de verres d’eau pour faire passer la pilule. T’avais beau les adorer, les voir tous les quatre matins, ça ne change rien. Passe à autre chose.

Si ça vient juste, tout ça ne sont que des conneries. Parce que le truc vois-tu, c’est que j’aime me faire des bobines dans la tour de contrôle.
Ainsi, quand elle a foutu le camp voir si les bites étaient plus vertes ailleurs, je me suis imaginé plus de trucs qu’un scénariste schizophrène en pleine descente de crystal meth.
Surtout, je l’ai imaginée faire un tas de trucs, du coup, j’ai fais un tas de trucs aussi pour donner le change. L’action pour fuir la réflexion. Classic shit. Fast and Furious dans ma vie. Sauf que comme le dit avec tant d’à propos ce Sénèque des temps modernes qu’est Vin Diesel, « on ne peut pas fuir éternellement« . En faisant un pas en avant chaque jour, on avance toujours plus qu’en se balançant dans le rocking chair de ses souvenirs. Et bordel de Dieu, j’crois bien que cette putain de note de blog est un sacré bon pas en avant!

Collateral damage: death of a giraffe

| Rubrique Me, myself & aïe !

27

Outre les nombreux souvenirs qui vagabondent sans cesse dans mon subconscient, je n’ai gardé que deux trucs de l’ex-femme de ma vie.
Un post-it sur lequel elle avait noté l’adresse du tribunal d’instance du 11e, à l’époque où on avait inscrit le Pacs à nos agendas, histoire de me souvenir que rien n’est jamais acquis et que les projets n’ont de sens que lorsqu’on les concrétise, et une girafe en carton d’1m80 qu’elle m’avait offert pour mon 1er anniversaire dans la capitale des Flandres.

Si le post-it restera au mur jusqu’à ce qu’une fille gagne la guerre contre moi et me persuade de l’utiliser (si c’est Emma Stone ou Amber Heard, ça sera inutile en revanche, elles, je leur dit banco cash express), la girafe est dead. Et je m’en vais vous raconter la triste histoire de son trépas.

J’ai deux voisins de palier. Un couple de quadras (ou presque) arrivé en même temps que nous et aussi discrets que des Juifs pendant la guerre et une famille de rebeus avec à sa tête une connasse intégrale qu’on appellera Josette, histoire de ne pas donner de grain à moudre aux fachos de tous poils qui sévissent sur la toile.

Ça fait des années que je connais Josette. Sa famille, je l’ai vu se composer, se décomposer et se recomposer comme si elle faisait partie du casting de mon soap opera préféré. Alors quand je vous dis qu’elle fuit de la bouteille et pas qu’un peu, vous pouvez me croire sur parole. A côté d’elle, le Colonel Maman c’est Simone Veil.
Josette, elle a pas mal de casseroles au cul et encore plus de rumeurs.
Il y a une dizaine années par exemple, embastillé sur le palier parce qu’elle refusait de lui ouvrir la porte du foyer familial, son mari de l’époque est tombé du 2e étage alors qu’il essayait d’appliquer les préceptes d’Ärsenik et Passi en passant par la fenêtre.

Sauf qu’il était un peu éméché, qu’il a basculé en arrière et qu’il s’est littéralement fracassé le crâne quelque chose comme 10m plus bas, dans la courette de l’immeuble. Personne n’a rien vu, mais ça n’empêche pas tout le monde de jacter et de soutenir que c’est Josette qui l’a envoyé se coucher sur le bitume. A en croire le Colonel Maman, elle l’aurait même assommé avec une casserole. Quelle que soit la vérité, on ne la connaîtra jamais, puisque même s’il a fini par s’en tirer, le pauvre bougre, dont elle a divorcé par la suite, est aujourd’hui ce qu’on peut appeler un gogol.

En ce qui me concerne, j’suis pas juge, j’ai pas de preuve et j’habite pas dans la tour du Renard. Du coup, j’ai pas d’avis sur la question. Ce que je sais en revanche, c’est que si on fait ce genre de saloperie, les remords et la culpabilité doivent vous poursuivre comme un exhibitionniste dans un centre commercial, et Josette, elle n’a pas vraiment l’air de quelqu’un qui est poursuivi.

En même temps, elle est peut-être habituée. Depuis son arrivée dans l’immeuble il y a 15 piges, un tas de rumeurs ont toujours cavalé sur son compte. A en croire les cancans du quartier, elle a été pute, croupière dans un casino, hôtesse dans un bar, femme de ménage, employée de taxiphone ou encore serveuse. Une chose est sûre, sur son CV actuel, la profession c’est femme au foyer. Comme pour montrer aux rumeurs qu’elle est devenue quelqu’un de « bien », elle porte le voile et s’occupe de son troisième lardon, un petit enculé qui passe le plus clair de son temps à hurler et appeler son père. Là par exemple, il est en train de monter les escalier et il pleurniche. Des « papa papa » entrecoupent ces sanglots. Si j’étais son vieux, je profiterais d’être encore dans la place pour répondre à ses vagissements parce que les paternels des deux autres gosses, ils ont été remplacés plus vite que des produits Apple.

Ce mec, son 3e mari donc, est plus jeune qu’elle. Ça ne fait pas longtemps qu’ils sont maqués. Je ne sais pas s’il la mise en cloque avant ou après le passage devant l’édile, mais pour passer la bague au doigt d’un colis pareil, j’imagine qu’un polochon dans le tiroir doit être un argument décisif, pour peu qu’on soit un mec à cheval sur la morale (ce qu’il a l’air d’être un peu vu qu’il lui a collé un voile sur la tête pour qu’elle fasse moins pute).
Toujours est-il qu’elle ne pourra sans doute jamais espérer mieux. Ce mec, c’est le top pour elle. Au dessus, c’est le soleil.
C’est comme ça, pour certains, l’ascenseur social s’arrête au -1.

Si on considère que les gens qui se ressemblent s’assemblent, ce mec est à n’en pas douter un parfait connard. En ce qui me concerne, je ne le connais pas, mais je ne lui fais pas confiance. Il a une bobine de traître, une carafe de faux-derche, comme un chat qui chie dans sa caisse. Ou comme un blogger IRL sauf que celui-là ne passerait pas son temps à s’auto-sucer en parlant de lui. Faut dire qu’il aurait du mal. Josette a beau avoir 10 voire 15 balais de plus que lui, c’est pas exactement une MILF ou une cougar au sens bandant du terme. C’est une rebeu à l’air sévère en route pour la cinquantaine. Le genre de meuf qu’on pourrait retrouver dans un vieux gonzo français estampillé MyPornMotion.
En plus de ça, ils crèchent à cinq dans un deux pièces plus petit que le mien. On est donc bien loin de la success story du blogger parisien qui fait 500 000 vues par moi et reçoit des communiqués de presse (tu la sens ma grosse ironie ? Tu la sens bien hein !).

Aussi loin que je m’en souvienne, Josette a toujours eu des rapports conflictuels avec mes vieux. Enfin conflictuels… Disons on/off. Sur Facebook, le statut de leur relation serait « it’s complicated ».

Son ex, le blog et moi

| Rubrique Me, myself & aïe !

0

Polo Lacoste (ou Ralph Lauren, on s’en décalque les jumeaux), tarin pomme de terre, sourire Colgate et BM de papa, let me introduce you to the sidekick of our show, l’ex de ma nana. Le vilain parfait dans ma vie. Dans la votre aussi si vous prenez en compte son mystérieux money-making job dans les couloirs d’une banque genévoise.

Elle a beau me soutenir qu’ils n’ont jamais été un couple (comme si de savoir que c’était juste un fuckfriend dont elle était in love sans réciprocité était censé me faire chaud au palpitant), j’ai autant d’affection pour le bonhomme qu’une hyène pour un girafon.

Il faut dire que l’animal (ou le connard, j’hésite sur le sobriquet) hante chacune de nos disputes. Le pire, c’est que ce n’est même pas de son fait, puisqu’elle s’en cogne, mais du mien, borné, et éventuellement jaloux sur les bords.

Je n’en suis pas particulièrement fier, et je ne revendique pas qu’il est, si ce n’est normal, au moins inévitable que les gars soient jaloux des exs de leurs copines – Comme si c’était une sinécure d’apprendre la vie à une pucelle vierge sentimentalement – La jalousie n’a jamais été quelque chose de très intelligent de toute façon. Pour ma défense, j’ai appris au détour d’une dispute que régulièrement, l’emberlificoteur comptait fleurette à la belle, laquelle s’est longtemps demandé pourquoi cet amateur de golf a résisté à son indiscutable charme. Personnellement j’ai ma petite idée. Pour la même raison qu’il a longtemps caressé l’espoir d’emporter sur les bords du lac Léman une de ses meilleures amies : parce qu’il est con comme une valise. Bizarrement, mon hypothèse n’a jamais été validée comme une réponse plausible à cette question quasi-existentielle.

Souvent, les mecs ressortent les exs comme un vieux dossier culpabilisant. Je mentirai si je disais qu’une ou deux fois ça n’a pas été mon cas. Mais en réalité, c’est plutôt parce que je n’aime pas trop m’énerver contre elle et que du coup, quand la soupape de ma cocotte minute commence à jouer les polyphonies corses, je préfère penser à lui, sur qui je peux cristalliser une partie de ma colère.

Je me rends bien compte que rien de tout ceci n’est logique et que même cette note ne l’est pas. C’est plutôt lui qui devrait s’y coller, me maudissant de lui avoir chapardé une charmante demoiselle sous le nez (en même temps, vu qu’il est plutôt volumineux, il n’a peut être rien vu de mon forfait).

En fait si j’écris ces lignes, hormis le fait que c’est parce que j’adore sentir mes doigts danser sur mon Mac tout neuf, c’est parce que j’avais le sentiment jusqu’ici d’être totalement incapable d’écrire quoi que ce soit d’un tant soit peu personnel – Dire que j’ai été au ciné, et que je me suis cogné contre une poubelle rue Montorgueuil en revenant, ça ne peut pas être considéré comme personnel. Raconter mes exploits sexuels si, mais trop simple. Rien n’est plus personnel que ce dont on n’est pas fiers – Ce que je dis plus haut, c’est le plus acceptablement personnel dont je suis capable pour l’instant.

Et puis j’ai souvent entendu dire que l’écriture avait des vertus exorcisantes, alors si l’autre grand amour de ma vie peut me permettre de chasser l’ex du premier de mon présent et de mon futur, ça aura bien valu les quelques froncements de sourcils à venir.