Jay-Z à Bercy : live fucking report
| Rubrique Me, myself & aïe !, Music
En cette sainte journée du Lundi 7 juin 2010
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J’ignore où vous étiez hier soir, mais comme ça, à brûle-pourpoint, je peux affirmer que si vous n’étiez pas du côté de Bercy sur les coups de 21h30, bah vous n’étiez pas au bon endroit.
Parce que figurez-vous qu’hier soir, pour la 3e fois de sa carrière, Shawn Carter était in town et c’était putain de bien.
Il y a quelques années, pour le premier concert de Jayhova à Panam’, j’étais déjà dans la place. A l’époque, le grand pèlerinage des true b-boys devait avoir lieu à l’Olympia mais face à la demande, il avait été reporté et déplacé au Zénith. Un peu moins de 10 piges plus tard, Jay-Z joue toujours à guichets fermés, mais à Bercy. Quand on sait qu’exception faite d’Eminem, Snoop et 50 aucun rappeur yankee n’a jamais rempli le POPB, on mesure mieux l’ampleur du truc.
En même temps, ça n’a rien d’étonnant tant le public de Jay-Z s’est élargi. Pour vous donner une idée, rayon people il y avait par exemple Mathieu Bastareaud (lequel n’a pas dû beaucoup sécher la muscu, j’aime autant vous le dire tout de suite) et… Laurent Fontaine. Parfaitement. T’as dit ça, t’as tout dit. Pas besoin de parler des lardons de douze balais chaperonnés par leurs vieux, des quinquas en polo Lacoste, des Rihannatoumata et autres sosies cheap de chanteuses et de rappeurs connus, des kikoolol, des hip-hop heads, des trentenaires lambdas, des hipsters ou encore des backpackers. Hormis les Hell’s Angels et les punks à chiens (et encore, on n’est pas sûrs), Jigga touche tout le monde.
Et on ne peut même pas dire que ce soit volontaire ou qu’il cherche à ratisser large, même s’il a eu l’intelligence de s’ouvrir à d’autres genres musicaux, à travers notamment ses collabos avec Lenny Kravitz, Coldplay ou celle à venir avec Jack White.
Ca vaut ce que ça vaut et peut-être que ça ne veut pas dire grand chose après tout, mais Jay-Z est bigger than hip-hop. Aussi simple que ça. Il sent les tendances et participe à les installer mais ne suit pas bêtement le troupeau.
L’ennui dans un concert rassembleur comme celui-ci, c’est que niveau public, y’a forcément à boire et à manger. On aimerait tous croire que les gens qui se déplacent pour Jay-Z sont forcément des personnes estimables, mais ce n’est pas vrai. J’en sais quelque chose car ayant souvent la brillante idée d’aller seul aux concerts, je me paye régulièrement les conversations stupides de mon voisinage.

