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The Office

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Il y a quelques mois, on a changé de bureaux au taff. Nous avons désormais le privilège de squatter un nouveau bâtiment avec une porte presque dérobée, genre entrée des artistes, et un étage entier rien que pour nos pipes. Enfin presque. Une grande bâche comme celle qu’utilisent les gitans en guise de toit dans leurs bidonvilles en bord de périph’, nous sépare des wannabe Le Meur qui ont posé les bureaux de leur start-up à côté. Des bureaux dont la moquette n’a plus été shampoouinée depuis que Joe Dassin s’en est allé siffler là-haut sur la colline et qui par dessus le marché se trouvent à Moisy-le-Sec, autant dire qu’elle start du feu de Villa leur boîte. Pas sûr qu’elle up beaucoup.

Régulièrement, des relents de tabac froid s’échappent de leur tanière pour venir nous chatouiller les naseaux. Claude Evin et sa loi, ils l’enculent. Le midi, ça a parfois tendance à sentir comme la cuisine d’un PMU miteux où le cuistot surveillerait la cuisson de son bourguignon la clope au bec.
Les avoir pour voisins, c’est loin d’être une fête. C’est plutôt comme être en colloc’ avec un Allemand qui chaque matin boufferait ses saucisses et son bacon à même la casserole et sous votre nez, au mépris du respect de l’intégrité olfactive de tout être humain (je n’ai pas peur des clichés, après tout ils ont fait élire Sarkozy).

Ils ont aussi une stagiaire qui se balade pieds nus telle une grosse gitane dans des lieux où j’ai peur de salir mes semelles et son pendant masculin qui porte sans honte un jean pêche aux moules.

Présenté de la sorte, ça a l’air un peu relou mais pas du tout. Nos nouvelles pénates sont flûtement spacieuses. Un poil trop même. Pour vous donner une idée, elles font quelque chose comme trois fois la surface qu’on occupe alors qu’il n’y a rien d’autre que nous et un cube de 20m² abritant les serveurs de la société et un matelas.
Vous pouvez fantasmer là dessus si ça vous chante, mais y’a plus de chances qu’on y enferme des gens qui refusent de payer leur prime d’assurance qu’autre chose. Ca se passe comme ça dans le 9-3, ça rigole pas des masses (sauf quand Joey Starr traite Eric Zemmour comme le petit singe qu’il avait en cage autrefois).

A part ça, y’a des nids de poule au plafond, les cabinets sont moins souvent cleans que la chatte à Paris Hilton, des fils pendouillent ci et là et des câbles courent le long des murs pour se plugger sur la trippotée de prises qui se battent en duel alors qu’on est 10.

Je trace mon chemin through the cementary

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Chaque matin, quand mon soleil se lève sur la gare de Noisy, je m’efforce, autant que faire se peut, d’éviter certaines personnes. Pas mes collègues d’open space qui pour la plupart sont gentils comme de la barbe à papa dégueulée par un Petit Poney, mais des gus de la boîte qui pourraient être tentés de profiter de la dizaine de minutes que dure le trajet jusqu’au bureau, pour faire ami ami avec ma personne. Merci, mais non merci.

Ils ne sont ni méchants, ni même spécialement relous, c’est juste que je n’ai rien à leur dire. Et vous savez ce qu’on dit hein, quand on a autant d’affinités avec une personne qu’avec un raton laveur aplatit par Courtney Love sur une route de l’Oregon, faut pas se forcer.

Coiffure de kiki ou de CM2 que ses parents n’aiment pas et t-shirt Champion rentré dans un falzar en toile bon marché, le type de l’informatique n’est pas exactement le genre de collègue qu’on aimerait avoir pour ami par exemple.
Pas tant pour ces raisons, qui seraient pourtant déjà amplement suffisantes, que parce qu’il est aussi inintéressant qu’un film « à la Will Ferrell », soit une bobine qui ambitionne d’être drôle comme Will avec un humour façon Ferrell mais sans lui (ce qui équivaut à peu de choses près à la religion catholique sans Jésus Christ). Pour votre inculture perso, un film « à la Will Ferrell », ça pourrait être Incontrôlable avec Michael Youn et croyez moi, bien que je n’en ai vu que le trailer et deux, trois extraits, si Incontrôlable était un de vos collègues de boulot, vous ne voudriez pas ne serait-ce que partager le trottoir avec lui.

Au delà de ça, rien ne me met plus mal à l’aise que ces conversations convenues qu’on entretient laborieusement pour empêcher le silence de faire son nid.

Tu badges ou tu pointes ?

| Rubrique Me, myself & aïe !

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C’est fou comme dans une micro-société un micro-événement peut revêtir une maxi-importance.

Au boulot, on a une pointeuse. Ils appellent ça une badgeuse mais ce sont des sottises, en vrai c’est une pointeuse. Disons que pointeuse c’est la version Hortefeux tandis que badgeuse, c’est la version Jack Lang.
Quel que soit le nom qu’on donne à cette merde, ne comptez pas sur moi pour dégobiller un laïus à la caresse moi les bosses sur le flicage en entreprise et toutes ces conneries.
Outre le fait que je n’ai nullement l’intention de devenir un Che Guevara Châtelet-Paris Centre, je rends grâce à ladite pointeuse pour m’éviter de faire des heures sup’(positoires) comme dans mon ancienne boîte. Et puis entre nous, quand j’ai rien à me reprocher, ça ne me dérange pas plus que ça d’être fliqué. Collez moi une caméra au cul, je m’en tape : c’est mon côté Sarkozy. Rassurez-vous, collez-en une autre au cul d’un clando Afghan, je ne voterais pas pour lui pour autant.

Bref. Le micro-événement dont je parlais en intro, c’est la mise en place d’une nouvelle pointeuse.

Enfermé dedans

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Avant de dealer mes talents du côté de Noisy, j’ai usiné un an pour un site web quelque part entre Le Plessis-Robinson et Rotterdam. Pendant quelques temps je fus content mais si la période d’essai rend aveugle, la titularisation rend la vue. Les dix mois qui ont suivi m’ont tellement déprimé que j’ai temporairement interrompu toute activité bloguinienne. C’est con comme la lune parce que j’aurais eu une tripottée d’anecdotes à raconter.

Histoire de vous mettre au parfum de ce que avez loupé, laissez le Père Castor vous raconter une histoire.

Les bureaux de mon ex boîte se trouvaient dans un bâtiment au moins aussi vieux que Jeanne Manson, clairement inspiré par l’architecture communiste en vogue dans les dictatures d’Europe de l’Est des 70’s. La distribution des pièces avait été faite en dépit du bon sens et c’est ainsi qu’on devait traverser un couloir long comme une allée de bowling pour se rendre aux commodités.

Il était si long ce putain de couloir que j’ai songé plusieurs fois à acheter une trottinette pour le traverser, ce qui m’aurait préservé de fouler sa moquette miteuse, véritable nid à microbes pour les acariens eux-mêmes.
D’un côté de ce couloir de la mort à petits feux, il y avait un bureau abandonné loué ponctuellement à des petits entrepreneurs au bord du dépôt de bilan, une salle de réunion king size très COGIP ainsi qu’un réfectoire ridiculement décoré d’un crucifix égayé d’un rameau d’olivier d’époque, d’un frigo en bout de course pillé un matin sur deux (oui dans ma précédente boîte, les salaires étaient si mirobolants qu’on se faisait piquer nos victuailles) et d’un micro-onde si vieux qu’il avait un minuteur à aiguilles.
De l’autre côté, une salle où étaient testées des bobines de fil au moyen de bruyantes machines, aussi grande que les trois pièces précédemment citées.

Tout ça pour dire que si vous étiez pétomane amateur, vous pouviez peaufiner votre récital à chacune de vos descentes dans les lieux d’aisance et ce, sans gêner personne.
Bien entendu il y a toujours deux faces à une pièce alors quand la poignée de la porte des WC a tourné à vide quand j’ai essayé d’en sortir, j’ai tout de suite de compris que j’étais au sommet d’une cascade sans pagaie. Dans la merde quoi.

I wanna be Antonio Cassano

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Dans la vie y’a ceux qui taffent dans des endroits cools et ceux qui bossent dans des villes à la con. Noisy-le-Sec par exemple.
Pour rendre ça plus sexy, on dit qu’on turbine à Noisy-le-Sex mais en fait c’est pas vrai.
Les seuls trucs sex de Noisy c’est la rue Georges Gay, notre open-space et les petites annonces homos passées au marqueur sur les lampadaires publics (les sites de rencontres ne seraient pas arrivées jusque dans le 9-3).

C’est spécial Noisy. C’est moche. Pourtant, d’après mes collègues, cette aimable localité  de Seine-Saint-Denis de près de 40 000 habitants patrouillerait aux avants-postes du top ten des villes françaises où il fait bon vivre. J’vois pas le problème, on a le droit d’aimer vivre dans des immeubles moches, des zones industrielles, des pavillons tristes ou encore des rues crasseuses (et pourtant, c’est d’autant plus abusé que le maire de la ville, Alda Pereira-Lemaitre est né au pays du ménage -et de la maçonnerie-).
Après tout Eddy Mitchell a habité à Noisy dans les 70’s, MC Solaar y a enregistré Caroline dans les sous-sols d’un labo de chimie et Sanseverino, La Caution, Pauline Croze, Vanessa Demouy, Cyril Cinélu, Siné ou encore Féfé en sont originaires.
De toute façon je m’en bats les maracas puisque mon Noisy c’est gare-boulot-resto.

Tiens on va la jouer Michelin noiséen justement.