Mes amis, parlons peu parlons bien: Shawn Carter est ce qui est arrivé de mieux à la musique depuis le baladeur auto-reverse. Retour sur sa discographie, de celui que j’aime le moins à mon favori.
Ps: cette note est le director’s cut de la réponse à une question Formspring de l’excellent Iambossnigger, dont je vous conseille vivement le blog si vous ne le connaissez pas encore.
11/ In my lifetime Vol.1 : Silence… Moteur et… Action!! IML est la première incursion de my nigga Jigga dans le monde sucré du hip-pop. C’est pas mauvais à en chier du Moët & Chandon par pack de 12, mais c’est une caricature absolue de ce qui se faisait en 97, quand porter des chemises à rendre Philippe Risoli fou de jalousie était normal pour un rappeur. L’influence de Puff Daddy dégouline de partout et c’est plutôt normal, puisque son équipe et lui sont les grands architectes du sophomore album de Jay.
Si tout n’est pas à jeter, loin de là, qui peut citer spontanément ne serait-ce qu’un son de l’album 13a ns après sa sortie sans utiliser de prothèse culturelle genre Wikipédia? Personne. Alors Coupez ! On la refait !
10/ The Blueprint 2 : le trop est l’ennemi du bien ou comment à trop vouloir en faire on finit par chier de la merde. Probablement l’un des disques de Jay-Z que j’ai le moins écouté parce qu’au bout du compte, il est assez casse-couille. Tout est là pour que ça soit bien, mais ça ne l’est pas. C’est même chiant. Un peu comme En cloque mode d’emploi ou Benjamin Button. Par ailleurs, il est d’autant plus déceptif quand on sait que Jay-Z en a fait la suite de Blueprint. Honnêtement, ce double LP, passage obligé pour tous les rappeurs qui pèsent, est à Blueprint ce que Duck Hunt est aux fusillades. Si c’était un film, il n’aurait pas mérité plus qu’une sortie en DTV et un passage sur NT1 le samedi aprèm malgré les deux grosses bombes atomiques que sont The Bounce et Guns & Roses, crossover fichtrement bien troussé à une époque où le hip-hop mainstream enchaînait les collabos inter-genres bien merdiques.
Notez qu’une poignée de mois après la sortie, Jigga, qui a toujours un plan B et du Labello dans son sac, a balancé Blueprint 2.1, sans doute conscient que tout ce bordel aurait gagné à être condensé en un seul disque.
09/ American Gangster : livré en même temps que le film de Ridley Scott dont il était censé être la BO, American Gangster ne tient pas les promesses de son titre, puisque Jay-Z ne va pas au bout du concept. Un album assez emblématique d’un des défauts majeurs de Mr Carter : l’absence de liant dans la plupart de ses disques qui ne sont souvent qu’un enchaînement de morceaux qui claquent. A part ça, Puff Daddy et sa team sont à nouveau aux manettes et c’est donc assez attendu. Au milieu de tout ça, on retiendra les pépites que sont: Roc Boys, une bombe soul band à réveiller les morts qui aurait eu sa place sur The Blueprint sans problèmes et qui a donné son nom au groupe qui accompagne désormais Jigga en live, Hello Brooklyn, un duo réussi avec Lil’Wayne (lequel est autant de Brooklyn que je suis de Djerba soi-dit en passant), Blue Magic (pour une fois que les Neptunes ne dealent pas un son pétasse complètement flingué à Jay-Z, ne boudons pas notre plaisir) et Fallin’ (excellent morceau trop méconnu malgré son refrain infernal tellement il est bon).
08/ Vol. 3… Life And Times Of S. Carter ici, Jay-Z se la joue Double-Face: d’un côté la pop, de l’autre la rue Des sons mortels (Big Pimpin, Snoopy Track, Do it again) y côtoient des escroqueries censées pigeonner le pékin de base qui avait kiffé le radio-friendly Volume 2 (Things that you do, Anything).
Lors de sa sortie, le Dirty South était au Panthéon du rap et Juvenile & co régnaient sur le game. Logiquement, l’album est donc fortement influencé par le genre et en partie produit par Timbaland. Comme je kiffe les beats bien lourds de la Nouvelle-Orléans et les conneries de Tim Mosley, j’ai une affection particulière pour cette galette.