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Lost in Lyon, an epic tale

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Au commencement…

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être journaliste. J’ai eu un bref (quoique intense) intermède fournisseur d’animaux sauvages pour les zoos après avoir vu Hatari, mais à part ça, aucune infidélité sérieuse.

Jusqu’au bac, j’étais donc en mode roule ma poule sur cette voie. Seconde G, filière littéraire, bac avec mention… Tout s’enquillait comme à Domino Day. Puis y’a eu un premier accroc. Plutôt que d’aller suer et eau en hypokhâgnes comme m’y encourageaient mes profs, j’ai choisi la fac(ilité). La prépa, son rythme de travail de Chinois et son esprit de compétition martial, c’était pas pour mon Moi d’alors.
J’ai donc été traîner mon cul sur les bancs de la fac pendant quatre ans, deux si on enlève les vacances, les grèves et les blocages.
Quatre années durant, j’étais à nouveau sur des roulettes : deug/licence/master 1. Puis j’ai connu ma seconde sortie de route, mais façon Ayrton Senna cette fois.

Alors que j’étais convaincu que la 1e partie de mon mémoire sur les transformations de New-York sous la mandature de Rudolph Giuliani passerait comme un blanc à la douane, je me suis pris un méchant in-your-face. Le premier de ma scolarité.
Malgré une note qui aurait dû m’ouvrir les portes du master 2, mon prof référent semblait croire autant en mon boulot qu’en la possibilité de ramener à la vie un cochon reconstitué à partir de tranches de jambon.
C’est sans doute pour ça que j’ai plus jamais eu de ses nouvelles après avoir reçu mon bulletin de notes. Et plus de nouvelles, c’est pas du tout une bonne nouvelle. Je sais pas qui est le con qui a inventé ça.

Give the drummer some

| Rubrique Critique, Me, myself & aïe !, Music

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1e partie

J’ignore si j’en ai déjà causé dans les parages, mais lorsque je n’étais encore qu’un garçonnet dodu, j’ai fréquenté le Conservatoire de musique du 11e. Je devais avoir 6 ou 7 ans et chaque mercredi matin pendant un an, j’ai essayé d’apprendre le solfège. J’y ai franchement passé des heures, comme un petit Pakistanais dans une fabrique de ballons de Jalalabad.

Faut dire que le Colonel Maman et Papa Moustache y tenaient tout particulièrement parce que mon Papi m’avait offert une guitare sèche quand j’avais trois piges et qu’en plus de lui faire plaiz’, ils caressaient sans doute l’espoir de me voir devenir un jour un Gipsy King ou le guitariste attitré d’un ménestrel de chez nous, genre Julio Iglesias ou Manolo Escobar.

Mais j’ai jamais réussi à rentrer dedans. Les portées, les notes, les clés de machin mon cul, c’était un charabia imbitable pour moi, c’était comme essayer d’avoir une conversation avec ma voisine sri-lankaise. Tu saisis des bribes de mots ci et là, mais au final, ça demande trop d’efforts pour un résultat immédiat trop peu intéressant. C’est comme si tu passais une journée à mendier dans le RER B pour ne récolter qu’un euro. Au bout d’un moment, faut savoir dire stop. Même quand on est qu’un enfant.

Comme dans un sac de boxe

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Aujourd’hui.
Je voudrais arroser les cinq dernières années au Napalm, plonger les souvenirs et les mots dans un bain de soude jusqu’à ce qu’ils ne soient plus, détruire tout ce qu’on a construit à la masse pour donner corps au champ de ruines qu’on a laissé…
Je voudrais me trépaner la caverne, en extraire mon cerveau et le désinfecter à l’eau de javel pour qu’il soit lavé de tout et prêt pour la suite. Si j’étais moins lâche, moins con et capable d’envoyer chier les dernières bribes d’espoir qui se perdent ci et là, autour de moi, je me serais brûler la cervelle. Mais je suis l’autre face de Kurt Cobain, l’autre visage de la loose.
Je voudrais être Eminem et hurler ma haine, la transformer en or puis en rire comme 50 Cent, narguer la mort en sachant pertinemment que chaque putain de journée après 30 ans n’est qu’un jour de sursis en attendant de rejoindre le cortège de ceux qui n’espèrent plus rien si ce n’est que Morphée n’abandonne pas son combat contre leurs regrets.
La confiance, c’est comme la virginité, on ne la donne qu’une fois m’a-t-on dit. Si seulement c’était aussi simple. Je me sens ridicule et stupide à l’imaginer rigoler avec les 36 putes qui l’entourent.
Les bons souvenirs et l’espoir, il n’y a rien de pire. C’est comme regarder une éclipse sans lunettes.
Croire en demain, c’est comme penser qu’en mettant un pare-choc à un landau avant de le balancer sur l’autoroute tu augmenteras la durée de vie du gamin à l’intérieur. Ayez pitié de lui, épargnez lui la suite.
Allez vous faire mettre vous qui me jugez, qui pensez que ce texte est pathétique. Vous ne savez rien. Rien de ce que signifie croire avant de voir ta vie s’effondrer autour de toi en quelques lignes comme Sam Rockwell dans Moon ou Di Caprio dans Inception.
5ans… Un pet de fouf’ à l’échelle d’une vie. Autant dire rien. Accorder tant d’importance à tout ça… Je ne devrais pas. Et pourtant c’est ce que je fais parce qu’au fond, j’ai toujours été ce jeune con qui agit et regrette après. Elle a appuyé sur la détente y’a longtemps mais cette roulette russe là, elle met du temps à rendre son verdict.
Je suis pendu au bout d’un fil et j’attends que le sol finisse de se dérober sous mes pieds. Je n’en fini plus de m’étrangler. Je rigole et j’essaye, mais en vrai j’en ai plus rien à foutre. Plonger dans un puits sans fond, se cogner contre les murs et trouver la force de remonter. Tu t’es cru dans le Grand Bleu. Tu remontes jamais vraiment de ces trucs-là. Y’a toujours une partie de toi qui reste au fond avec quelques fantômes. Mais c’est pas si grave, c’est stylé, ça fait des trucs à raconter, comme revenir du front avec une bastos dans le buffet. Pauvre con.
Si j’peux m’permettre, allez vous faire mettre bande de faux culs. Ne croyez pas que je ne vous avais pas repérés, en rangs d’oignons depuis septembre à attendre la bénédiction de la nouvelle coqueluche. Ne croyez pas que je ne sais pas que tout est ma faute. Que tout est de sa faute.
Je porte ma culpabilité mais y’a aucune foutu raison pour que je ne la partage pas. Jésus avait bien Simon de Cyrène.
Tout ça est risible. Tout ça est pathétique. Tout ça est bien réel. Laissez moi reprendre une bouffée d’oxyg(haine) et ayez honte à ma place. C’est pas grand chose, mais c’est toujours ça de pris.
Vous savez ce qu’on dit de l’amour et de la haine, comme quoi une mince frontière les sépare. Bah figurez-vous qu’elle clignote aussi. Mais je ne suis pas un enfoiré, et je vous souhaite à tous, sauf aux 36 putes et à l’autre enculé, de ne jamais le savoir.

Demain.
Je veux juste aller bien. Malheureusement, « tomorrow never comes until it’s too late » alors dépêche toi de vivre, ou dépêche toi de mourir.

Sans papiers…

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Il y a environ une huitaine de jours, la Abuela a cassé sa pipe. Vu qu’elle facturait presque 100 ans, j’ai été aussi surpris qu’à l’annonce des nommés à l’Oscar du meilleur film, d’autant plus qu’elle s’était flingué le col du fémur quelques mois plus tôt et qu’instinctivement, je savais alors que c’était le genre de merde dont les anciens ne se remettent jamais vraiment.
C’est peut-être pour ça que je n’ai pas été triste. Ou peut-être que c’est parce que je ne l’avais pas vu depuis si longtemps qu’elle avait cessé d’être une personne pour se transformer en bon souvenir. Et les souvenirs ont beau s’effilocher à mesure que le temps passe, ils ne trépassent jamais vraiment. Comme la Abuela donc.

J’ai appris son dépôt de bilan par un coup de fil de ma couz’ alors que, tel un hélicoptère Huey au Vietnam, le RER E s’apprêtait à me débarquer dans l’enfer noiséen. Ma cousine crèche outre-Pyrénées et bien qu’on s’aime beaucoup, on ne s’appelle jamais, sauf urgence ou mauvaise nouvelle. Aussi, quand « Who dat » s’est interrompu et que son blaze s’est affiché sur mon iPhone, il ne m’a pas fallu 107 ans pour piger de quoi il en retournait. C’est sans doute pour ça que je n’ai pas répondu tout de suite. Le temps d’intégrer la nouvelle, de passer outre le déni et l’auto-persuasion genre « peut-être que c’est pas ça », etc. Les cinq étapes du deuil en 10 minutes quoi. Une manifestation supplémentaire de mon manque pathologique de patience.

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les gens passent toujours l’arme à gauche pendant la nuit ? Non pas que j’eus préféré apprendre la nouvelle entre deux coups de quenotte dans mon crudité-thon, mais faut admettre que la perspective de se réveiller avec un cadavre sur son répondeur, c’est un peu abrupt.
Peut-être que la nuit les gens confondent plus facilement la mort et le sommeil et qu’ils sont donc plus en confiance pour se laisser embarquer par la grande faucheuse.
J’en sais foutre rien en fait mais ça m’a tellement perturbé qu’en arrivant, j’ai accepté la brochure de la Tour de Garde que m’a tendu un des Témoins de Jéhova qui, jour après jour, font le pied de grue devant la gare de Noisy dans l’espoir de convertir une pauvre âme.

Heureusement, j’ai rapidement remis mes cases dans l’ordre, foutu cette chiasse à sa place (la poubelle, mais ça, vous le saviez) et rappelé ma cousine pour qu’elle me confirme la mauvaise nouvelle. Puis j’ai sonné mon bro’ pour qu’il rentre à la maison afin de prévenir Papa Moustache de vive voix. Le respect, la politesse.

Pourquoi je ne m’y suis pas collé personnellement ? Bah parce qu’il fallait que je m’occupe de mettre mes vieux dans un coucou pour l’Espagne fissa, l’enterrement étant programmé pour le lendemain 15h.

Les Princes du Parc

| Rubrique Football, LOL MDR PTDR XPDR, Me, myself & aïe !

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Il y a quelques temps, j’ai fait quelque chose dont je ne devrais pas me vanter si d’aventure je voulais garder intacte le respect que certains d’entre vous me portent. Non, je n’ai pas entamé une correspondance avec Emile Louis (vous m’auriez tellement adoré pour ça) j’ai juste été voir PSG-Séville au Parc des Princes.

Si j’avais voulu devenir un blogger influent ou quelque chose dans ce goût là, je vous aurais plutôt raconté l’avant-première de Megamind avec mes deux acteurs préférés et Angelina Jolie, puis j’aurais flambé tel le Ghost Rider en vous expliquant comment l’homme le plus drôle du monde a dédicacé mon DVD de la légende de Ron Burgundy.

Mais j’en ai rien à foutre. Je vais vraiment vous causer de PSG-Séville parce que franchement, j’ai pas le choix. Le jour du match, à mesure que le coup de sifflet final se rapprochait, je n’avais de cesse de penser qu’il fallait que je vous touche deux mots de ma soirée au Parc, quoi qu’il m’en coûte en terme d’image (ha ha). Puis sur le chemin du retour, alors que je tapotais les premières conneries de cette note sur mon iPhone, je me suis dit que je ne pouvais participer consciemment à la perpétuation des pires idées reçues qu’on puisse avoir sur les gens qui aiment le ballon rond quand on s’y connaît autant en foot qu’en fabrication de guimbardes à voyager dans le temps.

Finalement, l’autre soir, alors que je bouclais ma note sur Four Lions, j’ai réalisé à quel point il serait criminel de vous priver de ce que j’ai pu observer dans l’antre francilien du ballon rond. Voici donc, avec un peu de retard, un bref (lol) récit de ma soirée au Parc.