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Critiquer n'est pas jouer

| Rubrique Cinéma, Le sens de la vie

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Incessament sous peu devrait débarquer dans les salles obscures  »La Horde« , premier film de Yannick Dahan, le Tarantino de la critique. Si le talent du gazier derrière la caméra est à la hauteur de son intransigeance et de sa mauvaise foi passionnée face à l’écran, ça promet quelque chose de Barça (oui, Barça est devenu un synonyme de fantastique. Tu ferais bien de t’y faire).

Dahan n’est pas le premier gratte-papier (notez que cette expression n’a rien de négatif ou méprisant dans ma bouche) à oser sauter le pas pour se frotter aux plumes acérées et implacables de ses anciens confrères. Marc Esposito et Laurent Tirard, anciens de Studio sont ainsi passés au « Moteur ! Action ! » avec respectivement le dégoulinant « Coeur des Hommes » et l’indigeste « Mensonges et trahisons et plus si affinités« , Christophe Gans et Nicolas Boukhrief se sont lancés après avoir fait les grandes heures du défunt Starfix et bien avant tout ce petit monde, Bertrand Tavernier avait délaissé Les Cahiers du Cinéma et Positif pour devenir la référence que l’on sait.

Le décor planté, deux questions viennent à moi : peut-on vraiment passer sa vie à parler de sa passion sans jamais s’aventurer à passer à l’action ? N’est-on pas illégitimes pour juger ceux qui sont dans la création quand on se borne à regarder faire les autres pour donner son avis ? 

Mickael Youn disait il y a quelques années qu’il était beaucoup plus difficile de mettre en scène une daube (et autant dire qu’il en connaît un super-marché) que d’en critiquer une. Evidemment il a raison.
Pour autant peut-on reprocher à quelqu’un de rester à sa place ?
Bien entendu, ce n’est pas très glorieux si le boulot de critique est un choix par défaut pour vivre une passion frustrée par un manque de talent, de cojones ou de baraka mais a priori, le bon critique n’a d’exigeances que celles qui lui sont imposées par son amour du 7e art. Sa mauvaise foi est souvent la traduction d’une déception ou d’un dépit amoureux filmique. La dureté de ces propos n’est pas à mettre au crédit d’une quelconque frustration ou jalousie, mais pluôt d’une échelle des valeurs dont les maîtres-étalons sont les bobines de son panthéon cinéphilique.

En ce qui me concerne, j’adore le ciné. Voir des films, en parler, en disséquer, en entendre débattre… Pour autant je n’ai sincèrement ni l’envie, ni le besoin de m’hasarder de l’autre côté du miroir. Je pense que si je devais m’impliquer autrement qu’en jugeant le travail des autres, ça serait en coulisses. Je me verrais bien dans la prod’ ou encore mieux dans l’organisation de festivals. Voilà une façon noble et, dans une certaine mesure, courageuse de vivre sa passion même si à bien y réfléchir, ça consiste aussi à juger le travail des autres mais de façon plus constructive…

Pendez le haut et court

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Il y a des frelons comme ça, à la seconde où leur claque-merde se met en branle, on a envie de les transformer en oreille d’Evander Holyfield histoire qu’ils se fassent arracher/machouiller/recracher par Mike Tyson.

Le fruit de ma vindicte, peut-être excessive, indiscutablement gratuite, est un insignifiant vendeur de fruits et légumes d’un magasin d’alimentation où j’ai mes habitudes (allez, vas te pendre Hov’…).

Cette tête de pipe, âgée d’une vingtaine de piges et aussi sérieux que Tugg Speedman en personne, est le seul vendeur d’épicerie que je connaisse à demander aux clients s’il peut les renseigner. A propos de quoi ducon ? On est déjà astreints à se montrer civilisés, polis, aimables, souriants, que sais-je encore avec toutes les connasses exaspérantes qui cherchent à tout prix à nous dealer du renseignement dès qu’on veut acheter de la sape ou des grolles, on va pas remettre ça quand on veut juste s’acheter trois oeufs, du fromage et une bouteille de lait pour faire une ouiche lorraine ! « Ah oui j’m'énerve là !« 

S’il n’y avait que ça… Il a une cascade de manies et de traits insoutenables et pousse au crime.

Sa politesse zélée et son besoin vital de mettre son ardent professionnalisme en avant font de lui le rejeton caché du personnage de collabo de Jean-Paul Rouve dans « Monsieur Batignolles » et de Martin Gary des « Grands Frères« .

Sa diction de sociétaire de la Comédie Française et son vocabulaire ampoulé me font penser par ailleurs aux employés de hotlines quand ils vous expliquent avec calme et suffisance, en prenant le soin de détacher toutes les syllabes du monde, y compris celles qui n’existent pas, qu’en souscrivant à  la fonction MMS illimités de 20h35 à 00h15 vers les portables Orange et les fixes en France métropolitaine, vous avez automatiquement prolongé votre contrat de quatre ans. 
Oui ça donne envie de s’envoyer un colis piégé.

Mon relou de compétition distribue surnoms et diminutifs à tout et n’importe quoi : à ses collègues, aux natures mortes, aux fruits et légumes, à la caisse enregistreuse, aux oeufs, aux packs de lait et aux animaux, même s’ils doivent rester à la porte du magasin.
Il s’intéresse à l’arthrite de mamie avec un air faussement concerné. On a dû lui apprendre ça quand il préparait son BEP ventes. C’est une technique pour fidéliser la grisonnante en quête d’une esgourde pseudo attentive à ses babillages non sensiques. A l’autre bout de la pyramide des âges, il refourgue des chocolat bons marchés aux marmousets en leur tapotant le crâne avec condescendance. Ou la vieille stratégie qui consiste à faire copain copain avec les bambins pour se mettre les parents dans la poche et par la même occasion leurs fafiots.

Quand enfin il taille la route (je vais toujours faire mes courses le soir en espérant qu’il aura mis les voiles avant mon arrivée), il ne peut s’empêcher de théâtraliser sa sortie en saluant ces messieurs, dames à qui il souhaite une bonne soirée et en prévenant sa collègue, suffisamment fort pour que même Martine Aubry soit au courant, que « demain [il sera] sur le pont à la première heure« .

S’il a besoin de reconnaissance je lui proposerais bien de créer son blog tiens…

Fétichisme

| Rubrique Me, myself & aïe !

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J’aime assez conserver des traces physiques de la moindre de mes sorties, de chacun de mes voyages. Tickets de cinoche, places de concerts, photos et cartes postales de voyages, dépliants gratos dans les musées. Je n’en fais rien de spécial, je les garde. Même pas dans une boîte un peu jolie, dans ce que j’ai sous la main. Pas de recyclage artistique ou de scénographie particulière, juste un modeste travail de conservation pour mon petit musée des souvenirs. Je crois redouter leur immatérialité et les défaillances de ma mémoire, alors je fais en sorte d’avoir pour chacun d’eux un déclencheur matériellement palpable à portée de pognes.

D’ailleurs dans une certaine mesure, ce blog est la conséquence de ce fétichisme qui se traduit aussi par la rédaction de listes sur tout et rien.
Je me demande si ma passion de l’écriture n’est pas en partie entretenue par un besoin physique de consigner par écrit mes impressions sur chaque chose qui en vaut la peine, de peur que ce qui pourrait s’avérer être essentiel ne se dilue dans l’océan de ma mémoire. Je ne suis pas mégalo au point d’ignorer que tout ce que couche sur le papier (façon de parler hein) ne mérite pas de survivre à l’épreuve du temps, mais si dans quelques semaines ou, soyons fous, quelques années, vous relisez des fragments de mon bordel avec plaisir ou intérêt, alors ce blogging fétichiste n’aura pas été vain.

[A l'emporte pièce] Vol.1

| Rubrique Random

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Philippe Tesson est un vieux con réactionnaire/Alisha Dixon en plus d’être superbe est sacrément cool et simple/Le porte-parole du syndicat policier Alliance est aveuglément corporatiste/ Xavier Moulin a toujours l’air un poil pompette quand il présente Paris Dernière / Yacine Belattar est de plus en plus pathétique dans sa tentative de talk-show à l’américaine sur France 5

Misère télévisuelle d'un jeudi soir en solo

| Rubrique Me, myself & aïe !, Télévision

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Ce soir je n’avais pas l’intention de mirer la petite lucarne, préférant poursuivre ma navigation dans le top du hip-hop de la blogosphère.
Mais allez savoir pourquoi, quoique je fasse, j’ai besoin d’avoir la télé allumée le soir, avec ou sans le son suivant le niveau de concentration que requiert mon activité principale. Du coup j’ai passé une partie de la soirée du jeudi à zapper histoire de trouver un programme d’ambiance potable.

Pick by Dhammza sur Flickr

Pick by Dhammza sur Flickr

Première tentative avec  »Meet Joe Black » sur NRJ12. Malgré l’inlassable propagande de Mathieu en faveur de ce mélo depuis des années, ça m’a rasé assez promptement. J’aurai au moins eu la satisfaction de découvrir Brad et Claire Forlani dans ce diner new-yorkais où Mathieu et moi nous étions fait sauter la panse avec des pancakes arrosés de sirop d’érable et de jus de chaussettes.

Je suis ensuite passé sur Teva et « Jour de Tonnerre« . Un nanard cosmique qui permet de mesurer les progrès
accomplis par Tom Cruise et Nicole Kidman en tant qu’acteurs. A noter que rayon BO, le bon goût est aussi rare que les pandas en Sologne.

Tentative de stabilisation sur Paris Première grâce à  »Band of Brothers« , série honorable et honoré. J’ai l’intégrale depuis des lustres et je n’ai jamais réussi à batailler au delà du 1er épisode. Je zappe et me promet de reprendre ça convenablement et par le bon bout dès que j’aurai douze heures de libres dans mon emploi du temps.

La fiction ne parvenant pas à ferrer le gros poisson que je suis, pourquoi pas s’envoyer une lampée de PSG-Dynamo Kiev live from M6 ?
Au lendemain de Barça-Bayern est-ce bien raisonnable ? Non. Même si la voix chevrotante de Thierry Roland aurait apporté une patine vintage toujours appréciable à l’affaire.

Comme j’aime à croire que je suis un mec curieux du monde qui l’entoure, je zappe sur iTélé. L’info continue, c’est comme les clips, une valeur sûre. Dommage c’est Thierry Dugeon aux commandes. Vu qu’il a le charisme d’un santon, j’aimerai mieux passer la soirée à repousser les avances d’un zombie infesté du virus HIV.

Envoyé Spécial sur France 2 ? Pécho un reportage en cours de route, ce n’est pas toujours évident. Là j’arrive en plein milieu d’un Carnet de Route avec des Chinois, des épides, du pastis. Imbitable. Faut pas déconner.

« Phénomènes » avec Travolta, Whitaker et Duvall (deux daubes avec un Scientologue dans la même soirée. Chaud) ? Le film a laissé de nébuleux souvenirs dans ma mémoire et je crois me rappeler si celle-ci ne me fait pas défaut que Travolta casse sa pipe à la fin et que c’est autrement plus triste que dans « Pulp Fiction« . C’est pas que je pleurniche souvent à la fin des films tristes mais bon…

Une redif’ de « C dans l’air » sur France 5 alors ? Personnellement, dès qu’Yves Calvi ouvre la bouche, j’ai envie de lui taper dessus avec un bâton en criant « Piñata, Piñata« . Alors ça sera non merci, sans façons.

Envoyé Spécial est terminé et le doc de la Deux sur les otages du Liban me titille, d’autant plus que j’en eu ouï dire le plus grand bien. Un tel programme ça ne ferait pas de mal à mes neurones en plus, mais sur TMC John Travolta a fini par trépasser et une émission « Paris : une capitale sous haute tension » vient de commencer…
Bon bah je vous laisse…

Edit : sauvé de l’atrophie intellectuelle ! Rome vient de commencer sur Paris Première ! Je vous abandonne vraiment ce coup-ci !