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Lost in Lyon, an epic tale

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Au commencement…

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être journaliste. J’ai eu un bref (quoique intense) intermède fournisseur d’animaux sauvages pour les zoos après avoir vu Hatari, mais à part ça, aucune infidélité sérieuse.

Jusqu’au bac, j’étais donc en mode roule ma poule sur cette voie. Seconde G, filière littéraire, bac avec mention… Tout s’enquillait comme à Domino Day. Puis y’a eu un premier accroc. Plutôt que d’aller suer et eau en hypokhâgnes comme m’y encourageaient mes profs, j’ai choisi la fac(ilité). La prépa, son rythme de travail de Chinois et son esprit de compétition martial, c’était pas pour mon Moi d’alors.
J’ai donc été traîner mon cul sur les bancs de la fac pendant quatre ans, deux si on enlève les vacances, les grèves et les blocages.
Quatre années durant, j’étais à nouveau sur des roulettes : deug/licence/master 1. Puis j’ai connu ma seconde sortie de route, mais façon Ayrton Senna cette fois.

Alors que j’étais convaincu que la 1e partie de mon mémoire sur les transformations de New-York sous la mandature de Rudolph Giuliani passerait comme un blanc à la douane, je me suis pris un méchant in-your-face. Le premier de ma scolarité.
Malgré une note qui aurait dû m’ouvrir les portes du master 2, mon prof référent semblait croire autant en mon boulot qu’en la possibilité de ramener à la vie un cochon reconstitué à partir de tranches de jambon.
C’est sans doute pour ça que j’ai plus jamais eu de ses nouvelles après avoir reçu mon bulletin de notes. Et plus de nouvelles, c’est pas du tout une bonne nouvelle. Je sais pas qui est le con qui a inventé ça.

Mal à mon Twitter

| Rubrique Internet / Web 2.0

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Loin devant l’Union africaine, les Nations Unies et la FIFA, Twitter (où je suis revenu après un claquage de porte un peu con) peut se targuer de réunir la plus belle collection de wannabes dictateurs du globe. Certains sont partis si loin dans le genre, que c’est limite s’il ne faudrait pas leur envoyer nos pensées pour validation avant même qu’elles ne percutent notre veine temporal. Minority Report state of mind.

C’est bien la peine d’ouvrir son claque-merde sur Kadhafi et sa dictature après ça. Enfin j’dis ça, mais d’un autre côté, pourquoi se priver quand on voit que ceux qui il y a six mois étaient prêts à sucer une centrale nucléaire et à remplacer les canassons de la Garde Républicaine par des chameaux pour lui faire plaisir, sont aujourd’hui chauds bouillants pour lui cramer sa bobine botoxée à mort, à grand renfort de Mirages 2000 ?
Si le Dr Manhattan avait vraiment existé, on lui aurait même sans doute expressément demandé de transformer le Guide de la Révolution en bouillabaisse de chair, de sang et de fringues de mauvais goût. Ah les démocrates…

En parlant de démocrates, souvenez-vous de l’affaire Mixbeat, première incursion de Twitter sur le terrain de l’inquisition. Parce qu’il ne plaisait pas à certains, qu’il avait osé toucher à l’une des vaches sacrées du bordel et qu’il était parvenu à planter son drapeau au sommet de la montagne du troll, certains se sont crus malins de détourner le report as spam de sa vraie fonction pour l’envoyer ad patres twitterrement parlant. Cesser de le suivre n’était pas suffisant, fallait que tout le monde arrête, fallait qu’il disparaisse. Pourquoi ? Parce que les pères la morale de Twitter ont décidé de la jouer justiciers en plastique 2.0 option procès de Moscou. Le mec n’étant pas un spam à proprement parler, ça n’a pas marché, ce qui est finalement assez rassurant. Ce n’est pas pour autant que le tribunal de l’Inquisition a abandonné l’idée de punir l’animal, lequel semble s’être radicalisé un peu plus suite aux événements.
Dernière initiative en date à ma connaissance, une pétition pour que ce bon vieux Carl décampe. Vous allez voir que si la mayonnaise ne prend pas, ils vont appeler le ministère de l’Immigration pour qu’il lui fasse cadeau d’un aller simple pour Montréal.
Twitter terre de tolérance, qu’as-tu fait des principes de Voltaire ?

Fort comme The Rock

| Rubrique Cinéma, Critique

21

Une montagne de muscles carénée comme un Panzer fait les cent pas dans une cellule. Deux gardiens sont en route pour venir le chercher. On devine qu’il va sortir. Il respire bruyamment, regarde une vieille photo jaunie par le temps comme pour se rappeler pourquoi il va faire ce qu’il s’est psychologiquement préparé à faire pendant ses 10 piges de cabane.
Il est déterminé. Jamais l’expression « tourner comme un lion en cage » n’aura paru si appropriée. Dans les cellules voisines, des fauves encore encagés lui rugissent des chapelets de menaces à la gueule. Mais il s’en fout royalement. Tant qu’on lui laisse le temps d’accomplir la mission qu’il s’est fixé, qu’importe ce qu’on lui réservera ensuite.
Chaque son est heavy. Chaque pas, chaque bruit de porte, chaque tic-tac d’horloge, chaque bouffée d’oxygène pèse aussi lourd qu’une baleine à bosses qui aurait avalé une école de Sumos.

Le directeur de la prison, interprété par Tom « The Substitute » Berenger (qui semble avoir répondu à l’appel juste pour nous rappeler l’expression « être et avoir été »), a des choses à lui dire avant de le relâcher dans la nature. Il y met les formes, convoquant Khalil Gibran et tout. Mais notre montagne de muscles s’en bat les steaks. Un directeur de prison qui cite un poète, le Victor Hugo libanais qui plus est, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre.

« Where is the exit » seront les seuls mots du bonhomme dans les 15 premières minutes du film. Ce moment, tu sens qu’il l’attend depuis une paye alors pas de temps pour les bavardages et les considérations philosophiques à la mâchouille moi le prépuce.

Just go with the flow baby

| Rubrique Le sens de la vie

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J’crois pas en Dieu. J’y crois plus. J’ai cessé d’y croire le jour où j’ai appris à remettre en cause ce qu’on me disait. J’ose l’écrire, j’ose le dire, si je savais sculpter j’oserais même en faire une statue, mais j’ose pas encore le penser trop fort. Mon éducation catholique tient en laisse mon subconscient et y distille avec la régularité des âneries de Plus belle la vie l’idée que si je ferme la porte au mec de là-haut et que dans un cliffangher digne d’une bonne série US, il s’avère qu’il existe vraiment, je galèrerais comme un vendeur de roses PakPak sur les Champs-Elysées lorsque je pointerais à l’étage supérieur.

Mais nom d’un mec à chatte, c’est aberrant de s’emmerder ici en espérant être récompensé là-haut. Y’aura pas de récompense. Ce que tu fais, tu le fais pour toi. La vie est ingrate, les gens aussi. Que ce soit tes parents, ta meuf ou ton meilleur pote, au final tu compteras toujours moins pour eux qu’ils ne comptent pour eux-mêmes.

Et puis au fond, toi et moi on sait qu’il n’y a rien après. La religion, l’au-delà, Dieu et tout le barda, ce n’est qu’une muselière pour empêcher les gens de crier, un antidépresseur, un substitut à ta propre responsabilité, aux erreurs de ton libre-arbitre et à ton manque de courage génital. C’est pas la faute de Dieu. C’est pas grâce à lui non plus. A chacune de tes actions, tu fabriques ton propre paradis et ton propre enfer. Et ne fais pas mine de t’en foutre dugland, t’y poseras tes valises bien avant de rejoindre le monde de ceux qui ne nous casseront plus jamais les couilles.

Ouvre les yeux : tu crèves et c’est le néant. C’est comme une vieille photo que t’as foutu au feu… Une fois qu’elle s’est consumée, c’est trop tard. Elle ne reviendra jamais. C’est ça la mort. De la poussière et le vide éternel. T’es là, l’instant d’après tu n’es plus et t’en as pas conscience. Si ça se trouve, tu t’en rendras même pas compte quand ça t’arrivera. C’est ce que je me souhaite.

Tu réfléchis, tu penses aux films que tu vas voir la semaine pro, à ce que tu vas grailler ce soir, à tes impôts, à ton ex, à ce petit ensemble Mango trop mignon qui te va trop bien, à ton régime Dukan, à toutes ces bagatelles, puis au prochain battement de cils, BAM t’es mort. Game over. Ferme-la à tout jamais. Tu t’es pris la tête sur des trucs sans intérêt, tu t’es inventé des problèmes, tu t’es trituré les méninges à grand renfort de questions à la mord moi le zboub et au final, tu démêleras jamais le schmilblick du grand mystère de la vie parce que tu seras aussi mort qu’une dalle de béton ou une planche de surf. Et toi, tu seras même pas sûr que t’auras servi à quelque chose.

Être complètement con et superficiel, c’est encore ce qu’il y a de mieux non ? Ça t’empêche de faire face au non-sens désespérant de tout ce bordel pas vrai ? De la merde en briquette. Y’a une alternative : en être conscient, marcher main dans la main avec l’injuste réalité du monde qui t’entoure, tutoyer sa grotesque incertitude. Oublier ou faire semblant, c’est sans doute plus confortable mais c’est lâche. Et inutile parce que lorsque la réalité te rattrape, laisse-moi te dire que c’est comme un grand coup de tatane dans les boules. Mieux vaut encaisser et ramper quelques mètres pour mieux apprécier de remarcher le moment revenu, crois-en mon éclair de lucidité.

Give the drummer some

| Rubrique Critique, Me, myself & aïe !, Music

6

1e partie

J’ignore si j’en ai déjà causé dans les parages, mais lorsque je n’étais encore qu’un garçonnet dodu, j’ai fréquenté le Conservatoire de musique du 11e. Je devais avoir 6 ou 7 ans et chaque mercredi matin pendant un an, j’ai essayé d’apprendre le solfège. J’y ai franchement passé des heures, comme un petit Pakistanais dans une fabrique de ballons de Jalalabad.

Faut dire que le Colonel Maman et Papa Moustache y tenaient tout particulièrement parce que mon Papi m’avait offert une guitare sèche quand j’avais trois piges et qu’en plus de lui faire plaiz’, ils caressaient sans doute l’espoir de me voir devenir un jour un Gipsy King ou le guitariste attitré d’un ménestrel de chez nous, genre Julio Iglesias ou Manolo Escobar.

Mais j’ai jamais réussi à rentrer dedans. Les portées, les notes, les clés de machin mon cul, c’était un charabia imbitable pour moi, c’était comme essayer d’avoir une conversation avec ma voisine sri-lankaise. Tu saisis des bribes de mots ci et là, mais au final, ça demande trop d’efforts pour un résultat immédiat trop peu intéressant. C’est comme si tu passais une journée à mendier dans le RER B pour ne récolter qu’un euro. Au bout d’un moment, faut savoir dire stop. Même quand on est qu’un enfant.