Mes voisins, la police et moi
| Rubrique Me, myself & aïe !
En cette sainte journée du Dimanche 6 juin 2010
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Comme tout un chacun, il m’arrive parfois de faire montre d’un civisme de bon aloi. Je tiens la porte à des moches, j’aide des quadras décrépies à hisser leur valoche au sommet des escaliers du changement entre la 5 et la 9 à Oberkampf et parfois je cède même ma place dans le bus à une mamie grabataire, un pépé à canne ou un handicapé (en revanche, si vous êtes enceinte, oubliez-moi : 1/ comment être sûr ? 2/ quand on veut avoir un gosse, faut l’assumer et ça commence là).
Mais à St-Mandé, ça ne suffit pas. Avant d’établir mon camp de base dans cette charmante municipalité le cul entre Vincennes, Montreuil et Paris, j’ai toujours crèche dans des villes (ou au moins des arrondissements) de gauche. Pour rester dans le ton, je m’efforçais donc d’être gentil, solidaire et généreux. Mais à Saint-Mandé, ville de droite depuis 66 au moins (peut-être plus mais ils ne le disent pas sur Wikipédia), ce n’est pas sur ce terrain là qu’on vous attend j’préfère vous l’dire directement.
Dimanche dernier, alors que je rejoignais Socadance à l’arrêt de bus pour me lover en sa compagnie dans les fauteuils pour deux du MK2 Bibliothèque, j’ai remarqué que la porte de mes voisins du dessous était entrouverte.
Sur le coup, je n’y ai pas prêté plus attention que ça d’autant plus qu’il était 18h30. Vous conviendrez que l’heure de Questions pour un champion n’est pas exactement celle du crime.
Six heures plus tard, de retour d’une double-séance epic naze, la porte en question était toujours ouverte. A ce moment précis, je ne vous cache pas qu’il m’a fallu commencer à réfléchir comme le mec lambda qui découvre un truc pas net au début de chaque épisode de NY Section Criminelle.
Au terme d’une rapide consultation interne, j’ai pensé qu’il ne serait pas inutile d’appeler les keufs. Une fois cette hypothèse en tête des sondages, j’ai brièvement pesé le pour et le contre.
Imaginez un instant que la porte se referme une fois les bleus en chemin, j’aurais l’air bien con non ? Peut-être, mais s’il y a un vieux qui s’est fait karater la face par un cambrioleur, peut-être lui sauverais-je la pipe ? Ok, mais pourquoi n’irais-je pas jeter un œil avant d’appeler le 17 alors ? C’est loin d’être une idée à la con, mais si un apprenti Guy Georges est en train de roupiller dans le pieux familial encore emboîté dans la nana à qui il vient de faire un sourire berbère ? Je pourrais descendre avec un couteau de cuisine, mais s’il n’y avait rien et que, surpris, je plantais l’habitant des lieux ?
« We don’t talk to police, we rely on the streets dog » gazouillait Scarface dans G-Code. Ca se passe peut-être comme ça du côté de Houston, mais à St-Mandé et en France, que nenni. Même B2O a appelé la volaille quand sa mère et son bro’ ont été kidnappés par des apprentis maîtres-chanteurs. Si Eli l’a fait…
Je me suis donc résigné à suivre les pas de l’illustre moitié de Lunatic. L’un des passe-temps favoris du Français moyen étant de chouiner comme un connard à cause du temps d’attente quand il appelle à droite à gauche, je dois d’abord dire que les flics répondent très vite. En moins de cinq minutes, l’affaire était pliée : « merci pour votre appel monsieur, on vous envoie une patrouille. Bonne soirée. ».
Un peu moins d’une dizaine de minutes après avoir raccroché, la fine équipe était dans la place. Bon, la police française, c’est pas Bad Boys II. C’est même pas Les gardiens de l’ordre en fait. Pour vous faire une petite idée, deux des flics ressemblaient à l’avocat feuj’ de feu Sans aucun doute, un autre avait des faux-airs de Stéphane Plaza (ce qui tombait plutôt bien, vu qu’il allait devoir visiter un appartement) tandis que le dernier, celui qui a pris mes coordonnées, c’était un mash-up physique de Stéphane Porato, Jérôme Leroy et Seb Farran.
De vous à moi, si la Police changeait d’uniforme, si elle changeait ne serait-ce que de casquette (non parce que ce truc made in Fabio Lucci, c’est pas possible), les flics seraient beaucoup plus sexy. Ce qui serait une première étape intéressante avant qu’ils ne deviennent plus malins.
Dans le hall de l’immeuble où j’étais descendu leur ouvrir et accessoirement les briefer sur la situation, ils m’ont dispensé une poignée de conseils, l’un d’entre eux étant d’attendre à l’étage du dessous, dans les escaliers. « Euh ouais, je suis censé arrêter le maraud qui sortira de là s’il vous échappe ? ».
Pendant que je m’efforçais de respirer le moins possible et de ralentir autant que faire se peut le beat de mon palpitant pour ne pas en louper une miette, les flics pénétraient dans l’appartement à pas de Mister Fox Une fois à l’intérieur, ils ont fait savoir qu’ils étaient là. J’ai deviné qu’ils avaient entendu un bruit puisqu’ils ont demandé à une personne de se manifester. J’ai d’abord entendu un filet de voix puis, alors que les flics s’enquéraient des papiers de ladite voix, un cri un rien flippé que les bleus se sont empressés de calmer en s’identifiant. Comme si être tiré du lit par quatre flics en uniforme avec des lampes-torches à minuit passée c’était censé être rassurant.
Cela dit, ils ne l’avaient pas volé ces petits cons. D’abord parce qu’ils n’avaient qu’à fermer leur porte, et ensuite parce qu’ils m’avaient bien fait chier la veille avec leur techno de merde une bonne partie de l’après-midi. De mon côté, j’avais fait mon devoir, j’avais été bien urbain, j’étais en bonne voie pour être un parfait Saint-Mandéen.
Tags : civisme, collaboration, le bon saint-mandéen, police, Saint-Mandé


J’ai relevé trop de phrases punchline pour toutes les copier-coller, je me contenterai donc d’un très plat et sobre « très bon article, j’ai bien ri »
(Je t’imagine trop en train de ricaner devant la porte. J’espère que tu t’es senti puissant)
HA HA HA. C’est bien, tu as fait ton devoir de citoyen. Pour ma part, je crois que ma tête oublie trop souvent que mon corps n’est pas celui de Dolph Lundgren, mais plutôt une version empâtée de celui de Sim. Résultat : je me suis souvent précipitée au secours de la Veuve et de l’Orphelin sans réfléchir à ce détail pourtant crucial.
Depuis ceci dit, l’âge a fait son œuvre, et je fonce moins. Le truc c’est que pour une angoissée comme moi, qui s’imagine en permanence dans des situations à la Faites entrer l’accusé, quand on se retrouve tout à coup en réelle situation de danger potentiel, on trouve limite moins terrible d’y aller que d’attendre dans son coin à faire une crise cardiaque. C’est un paradoxe que je ne m’explique pas.
Hé mais tiens : t’as eu une amende, alors ? Pour avoir fait déplacer les forces de l’ordre inutilement ? Ou bien tes voisins ont payés ?
@ Montfrite je me suis surtout senti comme un bon citoyen! Et là je me sens fier que tu ais bien aimé so thank you
@ Fantomate ha ha ton com’ m’a bien fait rigoler! Sinon moi j’ai pas eu d’amende. Les keufs m’ont remercié et m’ont félicité pour mon acte citoyen ! La classe non ?
En ce qui concerne les voisins, je n’ai pas eu de retour alors je ne sais pas ce qu’il en est.
J’en profite pour te dire que c’est un peu scandaleux de m’avoir caché l’existence de ton blog !