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Love the police

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Début mars j’entamerais mon cinquième mois de turbin du côté de Moisy-le-Sec. Pourtant, il m’a fallu attendre ce jeudi pour avoir droit à mon premier contrôle de police, lors d’une pause repas tamponnée Epic Fail Industry.

Pour la première fois depuis une bonne paye, on avait décidé d’aller se mettre bien à la fameuse pizzeria aux trois noms de Romainville, celle qui est tapissée d’affiches de films écrits ou interprétés par les frères Naceri, lesquels y ont leurs habitudes.
J’étais bien content, parce qu’outre la perspective de manger un peu moins de la merde, j’espérais vérifier s’ils avaient osé mettre au mur l’affiche du Baltringue, la bobine déjà mythique de Lagaf’, au scénario griffonné par Bibi Nacéri, Chris Nahon et un troisième larron qui pourrait bien être Pascal Duquenne ou un autre déficient mental quelconque.

Malheureusement, le resto était en travaux.

Quand il est l’heure de Pernaut, que t’es à 10 minutes du taff et qu’il ne te reste plus qu’une heure pour grailler, tu ne réfléchis pas. Ou plutôt si, tu réfléchis mais vite : DoMac.

Si j’avais une quelconque notion des distances, je serais tenté de dire que le porte-étendard de la mal-bouffe se situe entre 300 et 500m du bureau. Pas loin en tous cas. Genre 5 minutes de marche.

Une fois chez nos amis américains, on a tergiversé deux minutes avant de se décider à bâfrer sur place. Mais le parking étant aussi plein que la chatte de Sasha Grey un soir de gang-bang, on a fini par se rabattre sur le McDrive.

Lentement mais sûrement, le sort, ce coquin, tissait sa toile.

Nos victuailles dans la tire, nous avons repris la route direction la cantine de l’entreprise, heureux de pouvoir enfin casser la graine. On était à un feu rouge de la boustifaille, clignotant à droite, parés à voguer vers le vaisseau amiral de l’économie noiséenne.

Mais le flic qui se tenait au milieu de l’asphalte, quelques mètres après le croisement, a dû penser qu’on avait quelque chose à cacher. Ou que mes deux collègues assis devant étaient des enfants. Vu leur taille, c’est pas impossible qu’il ait pensé ça. Toujours est-il qu’il nous a fait signe de venir à lui sur le champ, sans tenir compte du feu écarlate.

Pourquoi nous et pas la voiture d’à côté ? Parce que notre carrosse était une citrouille bonne pour Pimp My Ride ? Parce qu’on était cinq dedans ? J’en sais foutre rien. Toujours est-il que, je vous le donne en 1000, sur les trois passagers arrière, un seul avait sa ceinture. Et ce n’était pas moi.

Arrivés au niveau de Monsieur l’Agent de Police, lequel ressemblait au footballeur Cris, autant vous dire qu’on en menait pas large. Le hic c’est que les flics c’est comme les chiens, ça sent ces choses-là. Du coup, quand il a demandé les papiers du véhicule, notre nouveau pote noiséen n’a pas fait l’ombre d’un effort pour paraître aimable ou même simplement poli.

Après avoir fugacement jeté un œil au permis de ma collègue/conductrice et vérifié qu’elle avait bien ses binocles, il s’est tourné vers la banquette arrière en me faisant signe d’ouvrir la vitre, ce que je me suis empressé de faire dans un grincement digne du pont-levis d’un vieux châteaux délabré.

Il voulait nos papiers. Rien de flabistouflant à ça. Le hic, c’est que j’ai la sale habitude de ne jamais avoir mes papiers sur moi. Je suis pas un clando ou quoi hein, ils sont toujours dans mon sac, mais mon sac, je ne le prend jamais pour aller manger. Pas à Noisy en tous cas.

Tu te baladerais avec la moitié de ta vie administrative dans la Cour des Miracles toi ? Bah ferme ta gueule alors. Merci.

Comme je n’ai jamais mes papiers sur moi mais que je prends toujours mon porte-cartes, en guise de « papier d’identité » j’ai donc quand même le choix entre mon Pass Navigo et ma carte UGC.
Même s’il n’est pas plus pourvu en infos, je lui ai tendu le premier, me disant que ça faisait plus sérieux. Genre « eh regarde mec, je suis un type bien, je paye mes transports !« .

S’en est suivi un bref interrogatoire : « Date de naissance ? » , « Code postal ? », « Ville ? », « Tu crois vraiment que tu vas te souvenir de tout ça ?! ».

Même si mes collègues semblent plus ou moins convaincus que mon patronyme à consonance étrangère a eu quelque chose à voir avec le fait que Mr Police me tienne la canne pendant trois plombes, je préfère être peut-être un chouia naïf et me dire que c’était simplement parce qu’en guise de carte d’identité, je lui ai présenté un pass Navigo à la con, comme à un putain de contrôleur RATP.

S’il y a bien un truc que je sais des schmidts, même si j’ai autant frayé avec eux qu’avec des champions de bilboquet et des putes unijambistes, c’est qu’ils ne te disent jamais tout de suite pourquoi ils t’ont serré.

Ce n’est donc qu’une fois les pièces d’identité en main que Mr Police nous a annoncé qu’il allait nous verbaliser la face pour non-port de la ceinture de sécurité.

Si à cet instant j’avais su que pour une telle infraction le tarif est de 135 euros, je crois bien que j’aurais dû me retenir pour ne pas gueuler le refrain de Sacrifice de Poulet. Ce qui est, nous sommes d’accord, parfaitement mongolien puisque vu les circonstances, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même.

En fait, j’ai même pas eu le temps d’y penser ou d’en avoir quelque chose à branler parce qu’après être parti en claudiquant avec nos fafs, certainement pour les vérifications d’usage ou pour abuser de son pouvoir de stress, Mr Police est presqu’aussitôt revenu sur ses pas pour une ultime question. Un peu comme dans ces jeux télé où on te laisse 10 dernières chances de gagner le gros lot même quand tu as loosé dans les grandes largeurs.

« Vous faites quoi dans la vie ? ».

La voilà la fameuse question. Il l’a d’abord posée au chauffeur avant de la répéter à mon attention. On se serait cru dans Qui veut gagner des millions, sauf que là, on connaissait la réponse.

J’ignore si c’est le fait d’avoir un emploi, la proximité du bureau ou bien le nom de notre boîte, qui doit être à Noisy ce que Ricola est à la charmante bourgade de Laufon, mais le mec nous a laissé repartir. Vous savez la fameuse phrase consacrée « c’est bon pour cette fois, mais la prochaine fois, mettez votre ceinture » ? Eh ben il l’a dite. Et comme la police est aussi prévisible qu’une chanson de Christophe Maé ou qu’Horatio Caine, on a aussi eu droit à la traditionnelle leçon de morale pince-sans-rire de la Police : « Et arrêtez de manger au McDo, c’est pas bon pour la santé ». Ha ha ha, Thomas Ngijol prend garde à tes miches.

Si lorsqu’il nous a demandé ce qu’on faisait dans la vie, question qui a priori n’avait rien à foutre là, on avait choisi de jouer au Roi des Malins en questionnant la légitimité de cette interrogation, ça ne se serait certainement pas aussi bien fini. Quoi qu’on en pense, devant la police on a plus à gagner en fermant sa gueule qu’en jouant les Che Guevara Châtelet-Paris Centre. Les victimes qui couinent sur Rue89 par exemple, ce sont toujours des gens qui l’ont ouvert en mode « je connais mes droits ». On s’en branle que tu connaisses tes droits, tu t’es cru dans Perry Mason ? Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, si ça ne plait pas à Mr Police, tu vas morfler. Et quand tu voudras porter plainte, tu apprendras que tu es toi aussi poursuivi pour outrage à agent. Bienvenue dans la vraie vie.

Cela dit, je dois confesser que je regrette énormément de ne pas y être allé de ma petite vanne, ainsi que l’a suggéré Chef, notre père à tous. J’aurais pu lui dire que j’avais ma ceinture en montrant celle qui tient mon falzar, le traiter de garde champêtre ou encore lui faire remarquer sa ressemblance avec le capitaine de l’Olympique Lyonnais ou pire, avec cette endive de Sinik.

Mais je n’ai rien fait. Putain d’esprit d’escalier.

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Commentaires (4)

Visiblement ta morale s’applique aussi aux commentaires de blog : avec la marée-chaussée, moins on en dit, mieux on se porte ! :-)

Bien vu ;-) ! Je te dois mon premier rare du matin, alors merci Michael ! :-D

Tic toc tic toc déjà une semaiiiine.

Alors c’est marrant, j’ai une histoire du même acabit: elle commence pareil, elle finit pareil avec « attention la prochaine fois gnagnagna ». Sauf que dans mon histoire, on était 4 meufs, ce qui nous a autorisé à faire des vannes au milieu de l’évènement sans pour autant finir au sol avec un bras tordu dans le dos.
« Etre une femme une faaaaaaaaaame » disait si justement Anggun.

Crache ta valda !