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Le roi du bla bla

| Rubrique Me, myself & aïe !

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« Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver » chantait Papy Salvador à l’époque où il ressemblait à un Blackinois et où il n’était pas encore en quête de respectabilité et de Légion d’Honneur.
Sans doute aurait-il gazouillé sa liste de course habité de la même foi joviale, mais ça change peau de zob au fait qu’il était à la page sur le sujet.

Mettons les barres sur les T d’entrée de jeu : je ne dégobille point dans la soupe. Je ne descends pas à la mine et personne paye mes factures. Sans ce turbin, j’en serais sans doute à sucer des cailloux en guise de goûter et à vomir l’indécence de l’étalage de richesses de Booba, quand il se gargarise de ne manger que de la barbaque dans ce démonte-pneu sonore qu’est Jour de Paye.
Je gagne correctement ma vie grâce à ma plume, et tout le monde ne peut pas en dire autant.
Ceci étant, je ne pense pas être fait pour écrire ad nauseam sur des sujets aussi passionnants qu’un résumé du Dakar par un Gérard Holtz nord-coréen sous tranxène. Et à la base, c’est quand même un peu pour usiner de la feuille blanche avec entrain et fierté que je me suis lancé dans ce bordel.
La plupart du temps, j’arrive à faire avec parce que mon taff est loin d’être inintéressant et que j’y apprends des trucs entouré d’un certains nombre de personnes cools, mais parfois, cette implacable constat vient me latter la gueule et les burnes comme un arracheur de portable dans les couloirs du métro.

Est-on censés être ce que l’on fait ? J’en doute. Je viens d’une famille de paysans, de femmes de ménage, de maçons, de carreleurs, de plombiers, j’en passe et des plus durs. Et ils valaient tous mieux que la considération dévolue au métier qu’ils exerçaient. Alors quelque part, j’me dis que par respect pour eux, j’peux pas remettre ça et me satisfaire d’un boulot qui ne me plait qu’à moitié.

J’ai des potes qui « préfèrent » squatter chez leurs vieux en attendant de percer ou gratter de la pige pour des publications flinguées dans l’espoir de rester « libres », plutôt que de prendre un job « alimentaire ». Respect. Ce n’est simplement pas le choix que j’ai fait, et à vrai dire je ne le regrette pas.

Et puis qui mérite le plus qu’on lui tire nos chapeaux ? L’enfoiré qui s’accroche à ses rêves comme un clodo à sa canette de 8-6 ou le fils de pute qui un jour décide d’arrêter d’essayer et prend un turbin qui ne le passionne pas plus que ça mais qui envoie du pognon ?

Je vous laisse en débattre. Pour ma part, je serais de toute façon le pire des cuistres si je remisais définitivement mes ambitions au placard, parce que j’peux pas dire que j’ai TOUT mis en œuvre pour kiffer la vibe avec mon job. Parfois, quand au milieu d’une journée je sens que j’ai embarqué pour un nouveau voyage au bout de l’ennui, je prends plus de bonnes résolutions qu’un gros cul devant la bûche de Noël. Mais ça ne va jamais beaucoup plus loin que de pondre une énième to-do list dans le dernier Moleskine qu’on m’a offert.

Faudrait que je me bouge le boul en fait. Que je reprenne ce blog « como manda la ley », que je me lance dans l’écriture d’un bouquin, que je pige à droite à gauche… Un deux mots comme en cent: faut créer.
Vous allez me dire, « pour ça, encore faudrait-il que tu ÉCRIVES espèce de tête de con ampoulée!!! » [si d'aventure l'un d'entre vous s'avise de me parler sur ce ton, je lui colle une châtaigne direct].

Je suis le premier à déplorer les trous noirs au fond desquels mon inspiration prend trop souvent la tangente, mais Salinger a beau n’avoir publié qu’un bouquin, il n’en demeure pas moins bien plus talentueux que tous les scribouillards des Relais H en ordre de bataille. J’suis pas en train de me comparer à Salinger, loin de là, je dis juste que je saurais me contenter d’un seul truc qui marque les esprits et dont je sois fier. Quelque chose de concret. Quelque chose qui fasse kiffer les gens hein, pas une tuerie à la norvégienne dans un congrès UMP.

A vrai dire, j’ai toujours considéré ce blog comme une sorte de carte de visite. Enrobé d’un lyrisme de bon ton, ça donnerait : « il y a un peu de moi dans les mots de ce blog » – et si ça ne vous va pas, allez vous faire enculer (ça c’est parce que le lyrisme, ça va bien deux minutes).

Ceci dit, je suis parfaitement conscient de ce qu’il est dans sa forme, à savoir à peine mieux qu’un journal intime amélioré. Toutefois, il me semble que sur le fond, ce capharnaüm lexical est un ambassadeur plus que respectable et classieux de ma plume. C’est d’ailleurs pour ça qu’en dépit de certains trucs borderline que j’y ai gratté, je l’ai toujours collé dans tous mes CV.

J’ai écrit pour des trucs à droite à gauche (certains respectables, d’autres moins, là n’est pas la question) mais jamais je ne me suis autant appliqué qu’à l’heure de vous livrer mes conneries. C’est peut-être aussi pour ça que je n’ai rien branlé pendant un an. Quitte à faire de la merde, autant ne rien faire du tout. Pas ici en tous cas.
Certains feraient bien d’en prendre de la graine.

Bon j’vous arrête tout de suite hein, j’vais pas aller dauber sur tous les fifrelins que je trouve trop light en talent et qui se font tailler plus de pipes qu’un pote à Berlusconi dans une soirée Bunga Bunga. J’essaye aujourd’hui de ne plus me laisser vampiriser par la jalousie ou l’aigreur. Le plus nazbrok des bloggers influents, je suis content pour lui. Qu’il prenne les petits fours, le champagne et un peu de pognon si on lui en donne, il serait le dernier des connards de dire non.

De toute façon, j’aime pas ce pain là. Je sais bien qu’aller barboter dans les soirées où y’a du monde à voir pour faire connaître ma trombine et vendre mon bordel, c’est pas vraiment mon truc.

Y’a quelques mois, mon blog j’y pensais même plus. Et puis l’autre jour, je sais plus trop où mais on s’en bat les reins, je suis tombé sur un papier dithyrambique sur Titiou et ça m’a sauté à la gueule comme un alien dans Attack the Block: « ouais bordel, c’est possible de rester intègre et de « réussir » avec un style qui claque du cul sans pour autant vendre le sien ».
Faut juste se sortir les doigts des fesses en fait, trouver une porte d’entrée ou, le cas échéant, repérer une fenêtre, casser un carreau et rentrer.

Je sais, je sais : tout ça pour ça. (des fois, j’en viens quand même à penser que j’irais sans doute plus loin dans la vie si j’avais été le dernier des gogols, parce que comme le dit l’adage, un con qui marche va toujours plus loin qu’un intello assis. Et puis accessoirement, ça m’aurait aussi permis d’être plus en phase avec la majorité des gens. Parce que bon, faut être franc hein, s’il fallait un QI minimum pour sortir de chez soi, on serait dans 28 jours plus tard.)

Bref. Je sais pas trop de quoi demain sera fait. Je suis pas sûr que je ferais quelques chose de demain, des jours suivants, des bonnes résolutions que j’ai prise et des conneries que j’écris ce soir et que j’ai sans doute déjà écrit. Ce que je sais en revanche, c’est que je n’ai pas spécialement envie de devenir un de ces connards trop payés pour ce qu’ils font, mais pas assez pour ce qu’ils s’emmerdent, et que je refuse catégoriquement que ma vie devienne un remake d’Un jour sans fin par les créateurs de Derrick. Filez plutôt ça à Diablo Cody, Aaron Sorkin et Michael Bay. Ouais, les trois en même temps.

Et si vous m’aimez bien, foutez-moi des coups de pieds au derche. Depuis que le monde est monde, on a jamais trouvé mieux pour remuer les gens.

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Commentaires (9)

Coup de pied au cul incoming !

Ah mais putain t’es max en ce moment. C’est VRAIMENT comme le vélo ça s’oublie pas on dirait… Ceci étant, les coups de pieds au cul c’est surfait, je vais me contenter d’une bon vieux coup de genou dans les valseuses si tu veux bien. Ne me remercie pas.

ENFIN! Quand je t’ai vu dans mon flux RSS, j’ai cru être victime d’une hallu! Contente de te revoir en tous cas ;-)

Je me serais contentée d’un « tête d’ampoule » si nous avions été plus intimes, mais on m’a appris la politesse, c’est pourquoi j’accède seulement à ta demande, en te collant une infinie série de coups de mon 42 fillette à ton blanc derrière ! bouge ton boule mec ! just do it !!!
S’il fallait un QI minimum pour sortir de chez soi, je crois que je n’aurais pas eu le temps de te découvrir. Dieu merci, pas de discrimination pour les imbéciles ;-)

Un coup de pied au cul de ma part également. Vous en souhaitant bonne réception.

Putain vous êtes vraiment adorables, mais sûr que si je vous avais demandé de me présenter la plus géniale de vos copines les plus jolies pour que son amour stimule ma créativité, vous vous seriez montrés nettement moins enthousiastes! haha

Love & besos malgré tout hein ;-)

Faut dire que s’eut été moins drôle… Mais essaie la prochaine fois !

Tellement content que tu sois de retour j’ai lu TOUS les billets de ton blog pendant ton absence et ce fut un réel plaisir.
Sache qu’en attendant ton attentant littéraire tu as embelli le quotidien de milliers de personnes dans leur métro dégueulasse/leur chambre déprimante/peu importe où grâce à ce blog et c’est déjà foutrement pas mal !
Maintenant que tu es là tous ces gens comptent sur toi alors méfie toi car les coups de pied au cul tu risque d’en prendre de la part d’inconnus dans le métro si tu nous oublie !

« Le coup de pied au cul, c’est l’électrochoc du pauvre. »
de Jean Laborde

Crache ta valda !