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Extreme MakeOver Home Edition

| Rubrique Me, myself & aïe !

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Certains d’entre vous sont déjà au parfum, d’autres non alors je m’en vais de ce pas vous mettre tous sur un pied d’égalité : j’en ai fini avec Saint-Mandé, me voilà de retour à Paname.
3 jours après que je sois rentré de ce Giro italien qui file tellement la trique à ceux à qui j’en cause, Socadance et moi-même donnions le coup d’envoi de nos travaux d’Hercule à nous : la rénovation de notre futur pied-à-terre.

Enfin rénovation… S’il y a un mot pour parler de la reconstruction d’un pays ou d’une région après une catastrophe naturelle genre Katrina, le Tsunami ou Gérard Depardieu, il serait sans doute plus approprié.

Pour résumer la situation initiale, une tribu de pakpaks a squatté l’appart’ pendant trois ans, manifestement convaincue que le loyer était en option, comme le ménage, l’hygiène et les vannes dans un spectacle de Frank Dubosc. Si j’étais un connard bas de plafond, cette affaire m’aurait conduit à voter à droite tant elle est emblématique de tous les abus qu’il peut y avoir en France mais bon, ne donnons pas de grain à moudre à ces gus.

Après trois piges d’une procédure coûteuse et lente comme un piano qu’on hisse au 5e étage, un huissier a procédé à l’expulsion de la fine équipe, laquelle avait pris les devants, abandonnant sur le champ de bataille leur linge sale, leur électroménager sale, leurs meubles sales, tout sale en fait.

Quand l’huissier a fini par nous lâcher les clés de la boutique, celle-ci semblait avoir été abandonnée précipitamment après une explosion nucléaire, une invasion de zombies ou une attaque de cafards carnivores.

Les murs, jaunes comme un slip kangourou qui aurait trempé trois semaines dans la pisse, étaient couverts de tags au feutre et au pastel. Le papier peint, arraché par endroits, pouvait laisser penser que le mur avait choppé la lèpre.
La chasse d’eau n’avait pas été tiré depuis trois semaines au moins. C’était si dégueulasse que ça ne sentait même plus mauvais. Comme si la mauvaise odeur s’était auto-annihilée dans une sorte de ++ = – olfactif. Des frusques crasseuses tapissaient le sol comme chez Tati Barbès le premier jour des soldes.
Une horde de cafard roulaient des mécaniques sur les murs, tel le Aldo Maccione de la grande époque. Ils étaient chez eux. Dans l’évier, où avaient été abandonnées quelques assiettes et des casseroles, ils étaient si nombreux que j’ai pensé qu’ils faisaient la vaisselle ou qu’ils déblayaient pour se faire une petite piscine.

Bref, c’était si dégueulasse que c’en était presque un chef d’œuvre d’art conceptuel exposé dans je ne sais quel musée d’art contemporain.

L’espace d’un instant, j’ai hésité à balancer une grenade là-dedans histoire de tout désinfecter d’un coup, sol, moquette et plafond. Pour des raisons d’ordre juridique, on a malheureusement dû poser un cul sur l’idée et procéder autrement.

Quand j’ai appris que pour refaire un appart du sol au plafond il fallait compter quelque chose comme 1000 euros du m², je me suis dit que pour la première fois de ma vie, ne pas être orphelin allait vraiment me servir à quelque chose.
Voilà comme on s’est retrouvés dans une sorte de version hardcore des Maçons du Cœur avec mon paternel dans le rôle de Ty Pennington. Un Ty Pennington mâtiné de Malcolm Tucker pour le langage fleuri et le caractère exécrable et vénèr en permanence, de Fagin pour le côté magouilleur et de Milla Jovovich pour la susceptibilité (remember the time).

Quand il est en galère de matos, Ty va généralement quêter auprès de grosses boîtes locales, trop heureuses de faire leur promo pour pas un rond et de passer pour de bons samaritains.
Mais comme le dit si bien l’adage, on ne prête qu’aux riches et aux très pauvres. Ceux du milieu n’ayant plus qu’à aller se faire enculer.
Mon père n’étant pas spécialement sodomite, il a préféré procéder à sa façon.

Quand il lui faut du plâtre, de la peinture ou une truelle, le commun des mortels se bouscule au portillon de Leroy Merlin, Castorama ou Brico Dépôt pour peu qu’il en connaisse l’existence. Quand il se croit plus malin que les autres, il commande sur Internet.
Mais la Pro A du bricolage et de la construction, elle sait que c’est à la Plateforme du Bâtiment que les bonnes affaires se font.

La Plateforme du Bâtiment, est aux magasins de bricolages ce que la briquette est à la révolution du jus de fruit.

A la Plateforme du Bâtiment, y’a des vigiles pour dire qui rentre et qui ne rentre pas. [Je vous rassure tout de suite, je ne vais pas me lancer dans une déclinaison hasardeuse et culturellement régressive du célèbre sketch de Maxime (le comique qui a participé à la Ferme Célébrité 1 où on a appris qu’il avait autant d'humour que de neurones et, surtout, qu’il avait massé les ovaires d’Elodie Gossuin avec son petit chauve quelques mois avant de l'y retrouver.)]
Êtrebronzé, couvert de plâtre et porter un bleu de chauffe ou une moustache ne sont pas des obstacles par exemple. Ne pas avoir de carte professionnelle, si.
Ladite carte fait la fierté des artisans et des entrepreneurs qui la possèdent. Je l’ai senti de suite lorsque notre plombier y a fait fièrement allusion. Ses yeux brillaient comme ceux d’un pédophile dans un jardin d’enfants.
Papa moustache ne l’a pas cette putain de carte. Et il s’en cogne, c’est pas ça qui va l’arrêter.

La preuve, l’essentiel du matos nécessaire aux travaux a été acheté là-bas, au prix de gros et au bluff.
En même temps, quand on s’intitule Rodriguez, on ne prend pas beaucoup de risques à donner son blase à l’entrée d’un magasin de construction, même gardé par des vigiles.
En revanche, lorsqu’il faut avoir un compte pour acheter du matériel, compte qu’on ne peut ouvrir que si l’on est titulaire d’une carte professionnelle, ça devrait, théoriquement, se compliquer un chouïa. Que dalle :

« – Bonjour, votre nom s’il vous plaît ?
- Rodriguez
- Entreprise de Rénovation Manuel Rodriguez c’est ça ?
- Ouais [alors que non en fait, nda]
- Très bien. Vous ne prenez que ça ? Et votre commande de 64 sacs de ciment, on l’annule ?
- Ouais ouais, j’en ai plus besoin […]
»

Des comme ça, Papa Moustache nous en a sorti assez un mois durant pour faire un spectacle ou écrire une suite X-Rated de la Maison du Bonheur, premier chef d’oeuvre de Daniel Hamidou avant sa fameuse étude anthropologique sur cette peuplade troglodyte que sont les Ch’tis.

Avec le recul, c’est marrant mais je peux vous assurer que plus on approchait du coup de sifflet final des travaux, plus on avait l’impression de se rapprocher d’un cercle de l’Enfer que Dante aurait zappé.
C’est bien simple, chaque soir, Papa moustache se transformait en drama-queen de la brique et du placo et dégoupillait choupette sur mon compte, m’assaisonnant d’insultes et de reproches plus ou moins justifiés (pas assez d’aide, pas assez de considération, pas assez de matos, j’en passe et des meilleures).

C’était peut-être le prix à payer pour avoir un bel appart, mais franchement, je ne suis pas sûr que je n’aurais pas préféré rallonger mon crédit.

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Commentaires (10)

Ouais mais est-ce que papa Ty t’a fait une pièce secrète ?

Un dressing ça compte?
Si on avait suffisamment de place et que je l’avais laissé faire, il m’aurait fait une panic room je pense par contre ha ha

Les pakpak d’avant, ils faisaient griller des marrons et copiaient industriellement des divx ?

[...] This post was mentioned on Twitter by Ophélie Haire, Chuck Thamsta. Chuck Thamsta said: [BLOG] Faites-moi plaisir, allez lire ça. Ca vous évitera d'embaucher votre père pour des travaux. http://bit.ly/9v1SFH [...]

@iambossnigger non non, c’était des pakpaks d’un nouveau genre. Ils avaient trois gosses dont une handicapée mentale et un sourd et le père, c’était un chaud. Il faisait de la muscu, il dealait du shit et il avait fait de la zonz pour s’être battu plus souvent qu’à son tour un peu partout dans Paname.
Une bien belle tentative d’intégration en sortant des clichés sur les pakpaks!

il dit la vérité. (sauf que quand ça se passait ça avait l’air moins drôle !)

Très bien écrit, j’ai beaucoup ri ! (peut-être l’impression de s’y reconnaître…)

Brillant !
(et d’autant plus drôle que maintenant je visualise les lieux et les personnes)
;-)

Le jeu en valait la chandelle, il est top votre appart ! (avec une mention spéciale pour les affiches !)

comment se fait-il que j’avais zappé cet article ?! Ouf, j’ai rattrapé mon retard et me suis bien marrée !!!
Papa Moustache est bien pire arnaqueur que le mien, ça me donne envie d’applaudir de mes nageaoires en faisant hôhôhôhô (tentative écrite de reproduction du « cri » du phoque)

Crache ta valda !